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Comportements de paiement des entreprises en France et en Europe aux 3e et 4e trimestres 2016

« Jamais les retards de règlement ont été aussi faibles en France. Après plus de 20 ans de débats et de pédagogie visant à lutter contre les délais de règlement excessifs, les habitudes seraient-elles enfin en train de changer ? » interroge Thierry Millon Directeur des études Altares.

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Les retards de paiement historiquement bas en France et en Europe

Au printemps 2015, les retards de règlement atteignaient un plus haut sur dix ans à 13,6 jours. Depuis, ils diminuent constamment et s’établissent en fin 2016 à 11,3 jours, un niveau jamais atteint en France.

L’amélioration est également observée en Europe dont le retard moyen repasse sous le seuil des 13 jours pour la première fois depuis début 2008. Mais les disparités demeurent fortes entre l’Allemagne et les Pays-Bas à moins de 7 jours de retard et le Portugal au-delà de 27 jours ou l’Italie au-dessus de 18 jours.

Focus chiffres

11,3 jours de retard de paiement en France, un niveau jamais atteint
46,9% de « bons payeurs » en Europe au T4 2016

En 1994, à la demande de l’Observatoire des délais de paiement créé trois ans plus tôt, la Banque de France calculait le délai moyen de règlement fournisseurs à 71 jours ; le dernier rapport de l’Observatoire mesure ces délais pour 2016 à 50 jours. Quasiment 20 jours de gagnés sur 20 ans ! Dans le même temps, Altares mesurait les retards à près de 20 jours fin 94 puis à peine plus de 11 jours fin 2016. Quasiment 10 jours de moins sur 20 ans !

« Certes, contrairement à ce que pouvaient souhaiter les deux commissions sur le crédit interentreprises mises en place en 1990 par les pouvoirs publics, des mesures règlementaires se sont avérées nécessaires pour pallier l’insuffisante efficacité des négociations interprofessionnelles ou la recherche d’une meilleure éthique des affaires. Mais, le constat est là. Des délais et des retards au plus bas ! » insiste Thierry MILLON

En Europe, les comportements de paiement s’améliorent également dans la plupart des Etats permettant de ramener pour la première fois depuis début 2008, le retard moyen sous le seuil des 13 jours. L’Allemagne et les Pays-Bas consolident leur première et deuxième place sur le podium, sous 7 jours de retard et la France la troisième.

La France demeure, cependant, le champion des petits retards de règlement. En effet, plus de quatre organisations sur dix payent leurs factures à l’heure, mais plus du tiers (33,6%) décalent les paiements de 1 à 15 jours. C’est 7% de plus que la moyenne européenne (26,5%).

« Si les Directives européennes de 2000 et 2011 ont permis d’organiser la lutte contre les retards de paiement dans l’Union et aux Etats membres de la mettre en œuvre avec plus ou moins d’efficacité, la France peut se prévaloir d’avoir dès 2009, en pleine récession, réussi à encadrer plus strictement les délais de paiement. Mais, face à la mauvaise volonté de certains, conjuguée au manque de rigueur des autres, il peut être tentant de favoriser une règlementation répressive. Pourtant, le crédit interentreprises, sans doute un mal nécessaire, est toujours un exercice d’équilibriste entre un Besoin en Fonds de Roulement à gérer et une relation d’affaires à préserver. Il peut s’avérer dangereux de briser ce compromis brutalement. Nombre d’entreprises ont manqué de trésorerie lorsque la reprise s’est présentée. Le crédit fournisseur a alors été pour elles le moyen le plus simple de tenir le BFR et assurer le développement voire la survie de l’entreprise. »

- Privé / Public, des efforts davantage portés par les "petits"

Dans le privé comme dans le public, les comportements de paiement ont continué de s’améliorer au cours du second semestre 2016. Les efforts semblent, toutefois, avoir été davantage portés par les petites structures.

Les sociétés commerciales payent leurs fournisseurs avec un retard de 11,4 jours soit à peine au-dessus de la moyenne globale (11,3 jours). Les microentreprises de moins de 3 salariés reportent le règlement des factures de 11,6 jours en moyenne contre 14,4 jours pour les sociétés de plus de 250 salariés. En revanche, ces dernières sont deux fois moins nombreuses à décaler leurs règlements de plus de 30 jours (3,2% contre 7,4% pour les microentreprises).

« Le crédit fournisseur est une pratique financière rarement favorable aux acteurs les plus petits, les moins stratégiques et les plus vulnérables. Ces derniers sont pressés de régler leurs factures à l’heure. Lorsqu’ils ne le font pas c’est davantage par manque de trésorerie et lorsque leurs retards dépassent 30 jours, le risque de dépôt de bilan est sérieux. » rappelle Thierry Millon.

Dans les entreprises en nom propre, les retards sont contenus et proches de 8 jours chez les artisans mais dépassent 12 jours chez les commerçants voire approchent 17 jours pour les exploitants agricoles.

Le secteur associatif est atypique puisque si le retard moyen se réduit, il reste plus long (11,7 jours) chez les petites associations (moins de 3 salariés) que chez celles de plus de plus de 250 salariés (9,7 jours).

Dans le secteur public, un effet taille est également observé en matière de comportements de paiement.

Ce constat est particulièrement sensible chez les collectivités territoriales. Si elles peuvent globalement s’enorgueillir de présenter de faibles retards de paiement, sous 8 jours, cette moyenne masque toutefois de fortes disparités entre les plus petites collectivités sous 7 jours et les plus grandes, au-delà de 13 jours. Plus précisément, une commune affiche un retard moyen inférieur à 8 jours contre 12 jours pour un département et près de 19 jours pour une région.

« La DGFIP fait un constat comparable dans le rapport 2016 de l’observatoire des délais de paiement ; plus la taille des collectivités est importante, plus le délai global de paiement tend à s’allonger. 4,6% des communes de moins de 500 habitants dépassent le délai réglementaire contre 47,7% pour celles de 50 000 à 99 999 habitants. » précise Thierry Millon

- Le bâtiment montre l’exemple

Le bâtiment conforte son leadership en termes de paiement fournisseurs. Plus de 57% des entrepreneurs règlent leurs factures sans aucun retard, c’est 17% de plus que la moyenne toute activité confondue (40,5%). Le secteur affiche ainsi un retard moyen de 8,2 jours.

Le commerce de détail est également bien orienté mais le retard est encore supérieur d’une journée à la moyenne globale (12,4 contre 11,3) et les reports supérieurs à 30 jours sont eux-aussi au-dessus de la moyenne (7,6% contre 6,2%).
Globalement, dans le B2C les retards restent plus importants. Ainsi, les factures sont en souffrance plus de 17 jours après l’échéance prévue dans la restauration ou les coiffeurs & soins de beauté ; dans ces activités plus d’une entreprise sur dix décalent le paiement des factures de plus de 30 jours.

L’industrie manufacturière poursuit ses efforts et ramène le retard moyen sous 10 jours. Néanmoins, à peine plus d’un tiers des fabricants (33,5%) respectent les dates de factures. Les petits retards sont donc fréquents ; 62% des industriels reportent leurs règlements entre 1 et 15 jours.

Les structures de services aux entreprises
ne sont pas davantage disciplinées à payer les factures à l’heure (33,7%) et présentent un retard moyen de 13 jours bien au-delà de celui observé dans le bâtiment, le commerce ou l’industrie.

Mais ce sont dans les activités de transport hors fret routier que les comportements sont les plus sévères.
A peine une entreprise sur cinq paye à l’heure (20,4%) et plus de sept sur dix (71,7%) reportent les paiements de 1 à 15 jours.

- La France sur le podium en Europe

En Europe, les comportements de paiement se sont améliorés progressivement en 2016. Bloqués au seuil des 14 jours depuis le printemps 2013, les retards étaient tombés en dessous en début d’année avant d’accélérer le redressement et tomber sous 13 jours en fin d’année. Cette bonne trajectoire est portée par la plupart des pays analysés.

L’Allemagne et les Pays-Bas tirent la performance européenne vers le haut avec des retards de paiement très faibles, sous 6,5 jours. En Allemagne, plus de huit entreprises sur dix payent leurs factures à l’heure. La France a encore des progrès à faire pour se rapprocher des deux leaders mais conforte sa troisième place sur le podium.

L’Espagne n’en finit plus d’étonner avec des retards de « seulement » 12,4 jours à fin 2016 alors qu’ils étaient encore au-delà de 23 jours au printemps 2010. La Belgique dont le retard moyen de règlement se fixe aux environs de 12,5 jours depuis l’été 2014 est désormais bousculée par l‘Espagne.

En Grande-Bretagne, les comportements de paiement ont peu évolué en 2016 et terminent l’année à 15,8 jours de retard.
L’Italie est au-dessus à 18,5 jours mais est engagée depuis deux ans sur une trajectoire d’amélioration continue.

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La facturation électronique n’est pas une option !

« Meilleure conjoncture, efforts de pédagogie, sanctions administratives, affacturage inversé... La large panoplie des outils visant à corriger les mauvaises habitudes en matière de paiement fournisseur imposait une amélioration visible des comportements. C’est le cas. L’analyse Altares des balances âgées des entreprises sur ce dernier trimestre 2016 confirme la bonne trajectoire amorcée très timidement il y a dix-huit mois » se félicite Thierry MILLON
« S’il est sans doute trop tôt pour se réjouir d’un changement durable des mentalités, il demeure que les bonnes intentions pourraient bien se voir soutenues par la data economy, la dématérialisation des process business à commencer par la chaine de facturation. Par exemple, la facturation électronique n’est plus une option ! C’est notamment un enjeu de productivité, de sécurisation des affaires voire de business.
Rappelons que dans le cadre des marchés publics, l’usage de la facturation électronique est obligatoire depuis le 1er janvier 2017 pour les grandes entreprises. Elle le sera pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) à compter du 1er janvier 2018, les PME à compter du 1er janvier 2019 et les microentreprises et TPE à compter du 1er janvier 2020. »
Thierry Millon, Directeur des études Altares

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