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Comportements de paiement des entreprises en France et en Europe 2e trimestre 2016

La situation se détend progressivement en France et les décalages de paiement se rapprochent de 12 jours.
L’amélioration s’accélère également en Europe : à 13,5 jours désormais, les reports de règlements sont comparables à ceux calculés à l’été 2012.

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Retards de paiement : 12,2 jours au 2ème trimestre 2016 contre 13,6 jours un an plus tôt.

  • La détente est sensible chez les PME françaises de plus de 10 salariés, tandis que les TPE peinent à régler leurs factures.
  • Le bâtiment consolide sa place de meilleur payeur.
  • Le secteur public réduit significativement ses retards de paiement, à l’exception des grands établissements publics et des services de l’État.
  • En Europe, les décalages de règlement retombent à 13,5 jours, au plus bas depuis quatre ans.

Il y a un an, les retards de règlement avaient brutalement dérapé en France pour approcher 14 jours en moyenne en fin de 1er semestre 2015. Depuis, la situation se détend progressivement et les décalages de paiement se rapprochent de 12 jours.
L’amélioration s’accélère également en Europe, dont le retard moyen était repassé en ce début d’année sous le seuil des 14 jours pour la première fois depuis trois ans. A 13,5 jours désormais, les reports de règlements sont comparables à ceux calculés à l’été 2012. Si l’Allemagne demeure exemplaire, l’Espagne signe sa meilleure performance sur dix ans à 14 jours en moyenne trimestrielle, très loin des 22 jours relevés en 2010.

Les comportements de paiement Privé / Public en France

De façon globale, les retards de paiement ont tendance à reculer en France (12,2 jours en T2 contre 12,6 en T1 et 13,6 un an plus tôt) sous l’effet conjugué d’un meilleur comportement à échéance (38,7 % de paiements effectués à l’heure contre 38,1 % il y a trois mois) mais aussi d’une sensible diminution des grands décalages supérieurs à 30 jours (6,8 % en T2 contre 7,8 % en T1).
« Si la croissance joue encore aux montagnes russes, les commandes rentrent de façon plus régulière ; les besoins en fonds de roulement s’assouplissent libérant du cash. » observe Thierry Millon.

Dans le secteur privé, les retards de paiement se stabilisent dans les sociétés commerciales (12,5 jours) mais s’allongent d’une journée chez les artisans-commerçants (12,3 jours). Plus précisément, des tensions apparaissent pour les plus petits acteurs, ceux de moins de 3 salariés, qu’ils soient sous forme d’entreprises individuelles (12,6 jours) ou de sociétés (13,2 jours) ; les décalages de règlement augmentent d’une journée. Il en est de même dans le monde associatif où les plus petites structures dérapent également d’une journée (13,8 jours).
« Pour ces petits employeurs très sensibles à la consommation des ménages, un ralentissement des dépenses impacte immédiatement les trésoreries. » souligne Thierry Millon.
A fin juin, près de 9 % d’entre eux (contre moins de 7 % en moyenne toute taille) règlent leurs factures avec un retard supérieur à 30 jours.
En revanche, la situation s’éclaircie pour les PME de 10 à 249 salariés  ; le retard moyen se réduit d’une demijournée (12,8 jours). Les comportements de paiement ne s’améliorent pas dans les ETI de plus de 500 salariés dont le retard moyen se situe à 15,1 jours en T2 contre 14,9 en T1.

Dans le secteur public, les retards de paiement restent également élevés dans les organisations de plus de 500 collaborateurs. Ils se stabilisent à 14,8 jours pour les EPIC et augmentent à 17,6 jours (contre 17,2 jours en T1) pour les établissements publics administratifs (EPA) comme pour les services de l’État.
En dépit des dérapages observés chez les grands acteurs de l’Administration, l’ensemble du secteur public affiche une sensible amélioration des comportements de paiement. En moyenne, les reports de paiement sont ramenés de 13 à 12,1 jours pour les EPIC, de 14,8 à 14,2 jours pour les services de l’État et de 9,8 à 8,8 jours pour les EPA.
De plus, les grands décalages de paiement du public sont généralement moins fréquents que dans le privé. Ainsi, alors que le taux de report des règlements au-delà de 30 jours se situe à 6,8 % pour les sociétés commerciales, il tombe à 4,3 % pour les EPIC et 3,3 % pour les EPA.
Les collectivités territoriales offrent une lecture particulière des habitudes de paiement. La proportion des grands retards est peu importante (2,8 %) et le délai moyen de report tombe sous les 8 jours, en recul de près d’une journée par rapport au 1er trimestre. Ces bons chiffres masquent toutefois une forte disparité de règlement ; les retards de règlement vont du simple au double, de 7 jours à 14 jours, selon qu’il s’agisse d’une petite ou d’une grande collectivité.

Comportements de paiement en Europe

En Europe, le deuxième trimestre confirme l’amélioration amorcée en début d‘année. Pour la première fois depuis mars 2013, le retard moyen de règlement revenait juste sous le seuil des 14 jours lors de trois premiers mois 2016 ; il diminue encore d’une demi-journée à 13,5.

La détente la plus sensible est à mettre à l’actif de l’Espagne dont le retard moyen atteint un plus bas depuis dix ans, à peine au-dessus de 14 jours. La dynamique est forte, le pays a réduit ses retards de plus de 2 jours en moins d’un an. Certes le délai contractuel moyen généralement pratiqué est encore supérieur à 90 jours mais près
d’une entreprise sur deux (47,6 %) respecte ce délai. Point noir, les longs retards demeurent fréquents ; plus d’une entreprise espagnole sur dix reportent leurs paiements de plus de 30 jours.

L’Allemagne est l’autre pays qui tire la performance européenne. Si les comportements de paiement s’améliorent peu, c’est qu’ils sont déjà particulièrement vertueux ; près de 72 % des entreprises règlent leurs factures à l’heure et à peine plus d’1 % les reportent de plus de 30 jours. Le retard moyen se maintient aux environs de 6 jours.

En Belgique et en Grande-Bretagne, les comportements de paiement évoluent peu à respectivement 12,5 et 15,7 jours de retard. Si les entreprises belges offrent des performances comparables à celles observées en France, les britanniques en revanche présentent des habitudes de règlement plus dégradées ; seules 60 % des entreprises d’outre-manche règlent leurs factures avec des retards de moins de 15 jours, c’est 12 % de moins que la moyenne européenne.

Mais c’est en Italie et au Portugal que les retards de paiement sont les plus fréquents et les plus longs. Environ 15 % des entreprises italiennes et 18 % des portugaises reportent le règlement des factures de plus de 30 jours. À des délais de règlement encore très souvent supérieurs à 90 jours, le fournisseur devra prévoir en moyenne 19 jours de plus sur ses opérations commerciales en Italie et 26 jours de plus au Portugal.

Le point de vue de Thierry Millon, Directeur des Etudes Altares

Les délais de paiement, un facteur de risque toujours élevé !

« L’analyse Altares des balances âgées des entreprises sur ce deuxième trimestre 2016 confirme la réalité de la reprise en France et chez ses voisins européens, en particulier l’Espagne. Les comportements de paiement se détendent sensiblement. » relève Thierry Millon, Directeur des études d’Altares.
Mais si le début d’année a été dynamique, la croissance a ralenti en Europe d’avril à juin et fait du surplace en France. Pour les entreprises, le scénario de business reste donc confus, situation ne permettant pas d’envisager une accélération des paiements interentreprises en Europe. Le trimestre en cours donne même quelques signes de tensions que septembre corrigera difficilement. Les délais de paiement vont donc rester un facteur de risque très sérieux sur les relations d’affaires domestiques comme internationales.
Pourtant, certains fournisseurs manquent encore de vigilance quant au suivi des paiements des factures, et d’autres hésitent à relancer leurs clients retardataires de peur de les perdre. Dans les deux cas, la trésorerie du fournisseur est fragilisée et quelques fois de façon irrémédiable. En effet, les clients en retard de paiement depuis plus de trente jours ont six fois plus de risque de défaillir qu’une entreprise comparable qui paye à l’heure. Dans cette hypothèse, le retard de paiement se transformera en créance irrécouvrable et placera le fournisseur dans une situation financière parfois insurmontable, d’autant plus si sa marge commerciale est réduite.
De la qualité de la prospection au traitement de la commande jusqu’au recouvrement approprié des factures associées, il convient d’être rigoureux dans toute la chaine de la relation client pour sécuriser puis développer ses affaires. »

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Focus chiffres

38,7% de « bons payeurs » en France au T2 2016
12,2 jours de retards de paiement en France

Les cartes

Altares carte des retards de paiement en France au 2eme trim 2016

Altares carte des retards de paiement en Europe au 2eme trim 2016

Altares courbe évolution des retards de paiement des entreprises en Europe au 2eme trim 2016

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