Petit-déjeuner débat AFDCC – le 20 Octobre, à Lyon
Le comportement de paiement, lié à la taille, l'activité et le pays d'une entreprise, est un indicateur clé pour les credit managers.
Le comportement de paiement, lié à la taille, l'activité et le pays d'une entreprise, est un indicateur clé pour les credit managers.

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Le 19 décembre dernier s’est tenue une conférence animée par Gilles Lambert, responsable des partenariats DunTrade chez Altares, autour du thème « Le comportement de paiement – Outil décisionnel ». Cette matinée, réservée aux membres Credit Managers de l’AFDCC, s’est déroulée au siège parisien de l’association, en présence de son président Eric Scherer. Retour sur les instants clés de l’événement, un moment d’échange entre un expert de l’analyse du comportement de paiement des entreprises, et les credit managers pour lesquels cette thématique est devenue clé au sein de leur métier. Pour rappel, le comportement de paiement se définit par la manière dont un client paie ses fournisseurs : en avance, en temps et en heure ou bien en retard (à différencier de l’impayé).

Panorama des chiffres de défaillances

Gilles Lambert a ouvert la matinée en revenant sur les chiffres clés des défaillances d’entreprises en France en 2019. Dans leur globalité, ces chiffres montrent une amélioration de la situation française, avec une diminution des défaillances au troisième trimestre à hauteur de -9,2% par rapport au troisième trimestre de l’année précédente. Toutefois, ces chiffres sont à nuancer au regard de la situation des PME françaises de plus de 50 salariés, qui ont connu une nette augmentation de la sinistralité avec +30% au troisième trimestre 2019, versus le troisième trimestre 2018. Le niveau de sinistralité de la France en 2019 s’avère comparable à celui d’avant la crise de 2008. Les perspectives 2020 des défaillances en France sont quant à elles plutôt inquiétantes, les grèves actuellement en cours s’ajoutant au mouvement des Gilets Jaunes initié fin 2018, qui a poussé bon nombre d’entreprises à puiser dans leur trésorerie pour rester à flot, mais pour combien de temps encore ?

Petites / grandes entreprises, secteur public / privé, qui paie le mieux ?

Les petites entreprises paient mieux

L’expertise en matière de comportement de paiement met en avant un constat qui peut surprendre : le comportement de paiement des entreprises est lié à leur taille, mais ce sont les plus petites entreprises qui adoptent le meilleur comportement de paiement. Plus une entreprise est petite, plus elle paie ses fournisseurs avec régularité et dans les délais impartis. Une information clé pour les credit managers, qui peuvent anticiper les défaillances de petites entreprises grâce à cet indicateur : généralement, une petite entreprise qui adopte un mauvais comportement de paiement indique une dégradation de sa situation, avec pour perspective un risque de défaillance accru dans les mois à venir. Ce constat ne s’applique cependant pas nécessairement aux grandes entreprises, dont les retards de paiement peuvent s’expliquer par une lourdeur administrative impliquant des procédures longues, ou encore l’utilisation d’un ERP (progiciel de gestion intégré) non maîtrisé. Une mauvaise volonté de payer dans les délais peut aussi être mise en cause. Le but de la manœuvre ? Optimiser sa trésorerie.

Le secteur public paie mieux

Par ailleurs, on peut également distinguer le comportement de paiement du secteur privé de celui du secteur public. Contrairement à une idée reçue, le secteur public paie en moyenne mieux que le secteur privé, avec moins de jours de retards de paiement (9 jours contre 11 dans le privé). Le portail Chorus, destiné au secteur public, entre sans doute en ligne de compte dans la qualité des délais de paiement du public, estimé à 30 jours contre 60 pour le p