Début juillet, nous vous présentions notre Étude – Défaillances et sauvegardes d’entreprises portant sur le deuxième trimestre 2020, réalisée par Thierry MILLON (Directeur des études Altares).

Dans cette étude, vous avez pu découvrir les chiffres des défaillances durant la période de confinement relative au Covid-19, des résultats qui peuvent surprendre au regard de la force de la crise.

Les résultats atypiques du 2ème trimestre 2020

La Revue Fiduciaire du 15 juillet évoque les « résultats atypiques du 2ème trimestre 2020 ». En effet, pourquoi si peu de défaillances enregistrées alors même que la situation économique est catastrophique ? Chômage partiel, arrêt d’activité, baisse des ventes : pourquoi les entreprises n’ont-elles pas mis la clé sous la porte durant le confinement ? « On enregistre 10 000 défaillances d’entreprises de moins que l’an dernier » à la même période (L’angle éco de RTL du 8 juillet 2020).

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l'angle éco RTL du 8 juillet

Le recul artificiel des défaillances

Dans la réalité, il s’agit d’un « recul artificiel des défaillances d’entreprises en France » (La Croix, 10 juillet 2020). Les « Mesures gouvernementales aidant, les défaillances sont en forte baisse ». «Le nombre de défaillances [a été] divisé par deux. […] Une étonnante résistance des entreprises se dessine au deuxième trimestre 2020. Mais il ne faut pas s’y méprendre : elle n’est pas le reflet de la santé financière des entreprises mais de mesures gouvernementales inédites visant à les préserver. ». Mais où se situe donc la faille ? « La faiblesse de la trésorerie, un signe révélateur » (Économie Hebdo) : c’est là que le bât blesse.

« Les aides publiques mais aussi l’adaptation des textes réglementaires ont permis de limiter « artificiellement » les défauts de paiement. […] Le troisième trimestre risque d’être beaucoup plus sinistré » (HR Info, 9 juillet 2020).

Une baisse en trompe l’œil

« Une baisse en trompe l’œil » titre le journal du soir BFM TV du 9 juillet, au cours duquel Thierry Millon s’est exprimé, évoquant « du jamais vu depuis les années 80 ! Sans cet accompagnement, nous aurions eu probablement 30 000 ou 40 000 entreprises en défaillance sur 2020. La cessation des paiements a été mise entre parenthèse pour les entreprises qui n’étaient pas en cessation de paiement au 12 mars », et ce jusqu’au 23 août.

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BFM business interview Thierry Millon défaillances T2 2020

La baisse drastique des défaillances au 2ème trimestre concerne toute la France, « toutes les régions sont au vert », « le nombre des défaillances d’entreprises a été divisé par deux environ ». De même, « les défaillances sont en baisse sur l’ensemble des secteurs d’activité ». Mais « 100 000 entreprises françaises disposent de moins de 30 jours de liquidité ». (Esteval, 9 juillet)

Moins de défaillances, plus d’emplois menacés au 2ème trimestre

« La baisse est estimée à plus de 53 % par rapport à la même période de l’an passé. »

« Toutefois, cette tendance en cache une autre, inquiétante : les structures employant plus de 50 salariés sont plus nombreuses à souffrir. Résultat :   le nombre d’emplois menacés grimpe à 43 400, soit 2400 de plus, comparé à la même période en 2019. » (Gestion Sociale, 9 juillet)

« Des défaillances décalées dans le temps ? » : nous devrions voir les effets de la crise sur les faillites d’entreprises à la rentrée 2020. La Tribune (20 juillet) évoque la possibilité d’une « hausse record de 35% de défaillances d’entreprises dans le monde d’ici 2021 »…