Après un début d’année sous tension, les retards de paiement des entreprises françaises se sont réduits au second semestre 2025 pour atteindre 13,4 jours en moyenne à la fin de l’année, selon les données Altares publiées dans le Rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement. Une amélioration qui ne doit toutefois pas masquer des écarts importants selon la taille des entreprises, leur secteur d’activité et leur implantation géographique.
13,4 jours de retard en moyenne en France fin 2025
La tendance s’est progressivement améliorée au cours du second semestre. Le retard moyen de paiement des entreprises françaises s’établit à 13,4 jours au quatrième trimestre 2025, contre 13,9 jours au troisième trimestre, 14,1 jours au deuxième trimestre et 14 jours au premier trimestre.
La France termine ainsi l’année légèrement sous son niveau de fin 2024, qui s’établissait à 13,6 jours. Elle reste toutefois au-dessus de son niveau moyen de long terme, établi à 12,2 jours, et légèrement au-dessus de la moyenne européenne de 13,3 jours.
Cette évolution intervient après une nette dégradation depuis 2024. Au printemps 2025, le retard moyen français avait même atteint 14,1 jours, contre 14 jours en Europe.
Près de la moitié des entreprises paient leurs fournisseurs sans retard
Autre signe d’amélioration en fin d’année : 47 % des entreprises françaises règlent leurs fournisseurs sans retard au quatrième trimestre 2025. Le redressement est notable après un premier trimestre où cette proportion était tombée à 43,8 %. .
La France reste néanmoins en dessous de la moyenne européenne : 50,3 % des entreprises européennes règlent leurs fournisseurs sans retard au quatrième trimestre 2025. Les retards les plus importants reculent également. À la fin de l’année, 8,6 % des entreprises françaises présentent un retard supérieur à 30 jours.
Plus de 20 jours de retard pour les entreprises de 1 000 salariés et plus
Derrière la moyenne nationale se cachent des écarts particulièrement marqués selon la taille des entreprises. Au quatrième trimestre 2025, les entreprises de 1 000 salariés et plus affichent 20,9 jours de retard en moyenne (17,8 jours au quatrième trimestre 2024).
Les entreprises de 200 à 999 salariés enregistrent quant à elles 15,6 jours de retard, tandis que celles de 50 à 199 salariés se situent à 13,8 jours. Les entreprises de taille plus modeste présentent des niveaux moins élevés : 11,9 jours pour les entreprises de 3 à 9 salariés et 12,1 jours pour celles de 10 à 49 salariés. Une exception apparaît toutefois chez les structures de moins de 3 salariés, dont le retard moyen atteint 14,6 jours au quatrième trimestre 2025.
Des écarts de près de dix jours selon les secteurs
Les comportements de paiement diffèrent également fortement d’un secteur à l’autre.
Au quatrième trimestre 2025, la construction affiche 10,8 jours de retard et le commerce 12,3 jours. L’industrie se situe également sous la moyenne nationale, avec 11,2 jours.
À l’inverse, plusieurs activités affichent des retards nettement supérieurs. L’information et la communication atteignent 19,6 jours, les activités financières et d’assurance 19,4 jours et les services aux entreprises 18,4 jours. Le transport et la logistique enregistrent pour leur part 16 jours de retard.
Certaines évolutions sont néanmoins encourageantes. Les services aux particuliers, par exemple, passent de 16 jours au quatrième trimestre 2024 à 13,3 jours au quatrième trimestre 2025. Le commerce passe de 12,7 à 12,3 jours, tandis que le transport passe de 16,8 à 16 jours.
Les entreprises n’évoluent pas toutes dans le même environnement de paiement et certaines activités restent beaucoup plus exposées que d’autres.
L’Île-de-France se distingue avec 19,7 jours de retard
Les disparités sont également géographiques. Au quatrième trimestre 2025, l’Île-de-France affiche un retard moyen de 19,7 jours, contre 18,7 jours un an auparavant. L’écart avec la moyenne nationale atteint ainsi 6,3 jours. La Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 13,8 jours, tandis que les Hauts-de-France se situent à 13,4 jours.
À l’opposé, plusieurs régions de l’Ouest présentent des niveaux sensiblement plus faibles : 10,6 jours en Bretagne et 10,7 jours dans les Pays de la Loire.
Ces écarts territoriaux rappellent que l’exposition au risque de retard de paiement dépend aussi de la structure économique locale, de la concentration sectorielle et du profil des entreprises implantées sur chaque territoire.
Une amélioration à confirmer en 2026
Le recul observé au second semestre 2025 constitue un signal positif, mais il intervient après une période de nette détérioration des comportements de paiement.
Avec 13,4 jours de retard en moyenne, la France termine 2025 quasiment au niveau de la moyenne européenne. Elle demeure néanmoins loin des pays européens affichant les comportements les plus favorables : les retards atteignent 7,6 jours en Allemagne en fin de période, tandis qu’ils se maintiennent entre 3 et 5 jours aux Pays-Bas. À l’inverse, ils restent supérieurs à 23 jours au Portugal au second semestre 2025.
Dans un environnement économique toujours tendu, la réduction des délais de paiement reste donc un enjeu majeur pour préserver la trésorerie des entreprises et limiter la propagation des difficultés au sein des chaînes de fournisseurs.
Pour les directions financières et les Credit Managers, l’enjeu consiste plus que jamais à surveiller les comportements de paiement de leurs partenaires, identifier rapidement les signaux de dégradation et adapter leurs décisions de crédit au niveau de risque observé.
Camille RENAUD
Content Marketing Manager


