Plus de 30 000 dirigeants ont perdu leur emploi au cours du premier semestre 2026 ! Pour être plus précis, ils étaient 33 341, un chiffre en hausse de 7% par rapport à la même période de l’année précédente, selon l’Observatoire GSC de l’emploi des entrepreneurs, auquel a collaboré Altares.
Ce sont plus de 180 chefs d’entreprises qui étaient concernés quotidiennement, et pas uniquement au sein de petites entités ou de structures récentes, mais également des entreprises de taille plus importante.
Des PME très touchées par la perte d’emploi des dirigeants
75% des pertes d’emploi d’entrepreneurs enregistrés lors du premier semestre 2026 concernent des structures de moins de 3 salariés. Mais ces petites entreprises ne sont pas les seules concernées. En effet, les PME de 20 salariés sont également impactées, avec 694 dirigeants touchés. Et les entreprises de plus de 50 salariés ne sont pas en reste avec une hausse de 52%.
Et même les entreprises enregistrant un chiffre d’affaires élevé ne sont pas épargnées, avec des hausses significatives (+26,4% pour les entreprises au chiffre d’affaires de plus de 5 millions, et +47,3% pour celles avec un CA de plus de 10 millions).
L’ancienneté des dirigeants ne les protègent pas non plus, puisque la moyenne d’ancienneté des dirigeants ayant perdu leur emploi est de 10 ans.
Des secteurs particulièrement exposés
Le secteur le plus impacté par la perte d’emploi des dirigeants au premier semestre 2026 était la construction, avec 7718 dirigeants touchés (1 sur 4). Le bâtiment de second œuvre en particulier recense 4262 entrepreneurs ayant perdu leur emploi, ce qui représente une augmentation de 5,3%. Les travaux publics en revanche s’en sortent mieux malgré des difficultés persistantes, avec une baisse de 15,1%.
Le secteur du commerce est également très touché avec 6971 entrepreneurs concernés (+3,7%), dont +51,2% pour les boulangers, pâtissiers et confiseurs en magasin spécialisé.
L’hébergement, la restauration et les débits de boisson ont aussi été très impactés, avec notamment une hausse de 31,4 % pour l’hébergement, et le secteur de la restauration qui représente 80 % des pertes d’emploi du secteur.
Autre hausse très importante dans le service aux entreprises : +70,3 % pour les services administratifs combinés de bureau, très impactés par les transformations liées à l’IA nécessitant de faire évoluer son activité.
Les activités d’assurance et financières enregistrent quant à elle une hausse de 30,6 %.
Des régions plus touchées que d’autres
La plus forte progression des pertes d’emplois de dirigeants concernent les Hauts-de-France avec +11 % (2 543 dirigeants).
L’Île-de-France concentre quant à elle près d’un quart des pertes d’emploi, soit 7 860 personnes concernées (+5,8 %).
L’Auvergne-Rhône-Alpes affiche une progression de 8,6 % (4 076 entrepreneurs), des chiffres assez proches de ceux de la Nouvelle-Aquitaine, avec 3 190 pertes d’emploi, soit +9,6 %, une hausse égale à celle de la Bourgogne-Franche-Comté et ses 1 082 entrepreneurs concernés. On enregistre également +7,4 % en Bretagne (1 212 entrepreneurs) et +6,8 % en Occitanie (2 997 dirigeants). Les Pays de la Loire affichent une hausse un peu plus modérée avec + 6,2% (1 415 dirigeants). D’autres régions s’en sortent mieux en termes de progression des pertes d’emplois, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur avec +3,2 % (3 032 personnes), le Centre-Val de Loire avec +2,5 % (1 079) et le Grand Est avec +1,8 % (2 181).
La Normandie tire son épingle du jeu avec une augmentation du nombre de pertes d’emploi de dirigeants de +0,9 %, soit 1 249 hommes et femmes concernés.
Tous les profils de dirigeants sont concernés
L’étude du premier semestre 2026 met en évidence plusieurs réalités : les jeunes entreprises et les petites structures sont loin d’être les seules à subir la perte d’emploi des entrepreneurs. De même, les dirigeants avec plus d’une décennie d’exercice sont nombreux à avoir perdu leur travail. Le chiffre d’affaires n’est pas non plus un critère clé, démontrant que la taille et la maturité d’une entreprise ne suffisent pas à écarter les risques.
Les petites structures restent les plus nombreuses parmi les entreprises concernées, mais les progressions enregistrées chez les dirigeants de PME et d’entreprises réalisant plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires montrent que la taille ou la maturité d’une entreprise ne suffisent pas à écarter ce risque.
Pour les dirigeants, la question de la protection en cas de perte d’emploi constitue donc un enjeu majeur. A ce titre, l’association GSC propose un dispositif permettant aux entrepreneurs de se protéger contre ce risque.
Par ailleurs, Thierry Millon, directeur des études Altares, souligne que les conséquences de ces pertes d’emploi vont au-delà du seul dirigeant : ces pertes d’emploi surviennent des suites de liquidations d’entreprises, et s’accompagnent d’environ 80 000 emplois salariés concernés.
Camille RENAUD
Content Marketing Manager

