Retards de paiement : la France retrouve son meilleur niveau depuis trois ans

14 septembre 2026

Après deux ans d’aggravation, les retards de paiement ont sensiblement reculé lors du premier semestre 2026, en particulier au cours du deuxième semestre.

Le retard moyen était de 12,3 jours, soit 0,8 jour de moins qu’à la même période 2025. Il s’agit du meilleur niveau de retards de paiement en France depuis 3 ans, et une meilleure moyenne que la moyenne européenne qui s’établit à 13,1 jours.

Par ailleurs, 49,7 % des entreprises de l’hexagone paient leurs fournisseurs en temps et en heure, un taux en augmentation de 4,5 % vs la même période 2025. En outre, le taux de retards supérieurs à 30 jours s’établit à 7,5 %.

Néanmoins, les écarts restent importants en fonction de la taille et du statut d’organisations, et des secteurs.

La France fait mieux que la moyenne d’Europe

Les comportements de paiement se sont globalement améliorés en Europe 13,1 jours contre 14 jours un an avant. Pour autant, c’est encore 1 entreprise sur 2 qui paie ses fournisseurs en retard.

En France, la moyenne de 12,3 jours de retard est meilleure que celle de l’Europe au global, et la proportion de retards de plus de 30 jours est également plus basse avec 7,5 % contre les 8,8 % européens.

Ces moyennes ne doivent pas masquer les écarts importants entre les pays.

Les Pays-Bas sont les meilleurs élèves, avec 82,7 % d’entreprises réglant leurs factures à échéance, et un retard moyen de 2,9 jours. À la seconde place, on retrouve l’Allemagne avec 64,1 % de paiements dans les temps, et 6,5 jours de retard en moyenne.

De l’autre côté, le Portugal fait figure de cancre avec un retard moyen de 23,3 jours, et 21,2 % seulement d’organisations réglant à échéance.

L’Irlande, quant à elle, a connu la dégradation la plus importante, passant de 12,7 jours au premier semestre 2025, à 15,8 jours sur la première moitié de 2026.

Les TPE et PME tirent l’amélioration

En France, les petites entreprises et celles de taille moyenne ont porté l’amélioration des retards de paiement sur ce début d’année. Les TPE de 1 à 9 salariés ont enregistré un retard moyen de 11,7 jours, soit presque 2 jours d’amélioration en 1 an, tout comme les PME de 10 à 49 salariés qui passent de 13 jours à 11,1 jours. Un tour de force à souligner quand on sait que ces petites structures disposent généralement de moins de trésorerie que les plus grosses.

C’est plus contrasté du côté des ETI et grandes entreprises : 13,4 jours (-1) pour les organisations de 50 à 249 collaborateurs, 15,3 jours pour celles de 250 à 999 salariés, et 19,6 pour celles de plus de 1 000 employés.

Le secteur public en amélioration mais toujours à la traîne

Le secteur public va mieux également, mais son retard de paiement – 14 jours – reste supérieur au privé – 11,7.

Les hôpitaux affichent le pire taux avec 24 jours de retard (au-delà du seuil de 50 jours fixé pour ce type d’établissements).

C’est mieux du côté des collectivités territoriales qui affichent 12,7 jours de retard en moyenne.

Commerce, construction et industrie sur le podium des bons élèves

L’habillement enregistre 13 jours de retard, 11,4 pour le commerce alimentaire, 8,5 pour le bricolage-équipement du foyer, et 7,4 jours pour les enseignes de sport & loisirs.

Dans le domaine de la construction, le bâtiment se limite à 8 jours de retard.

Au niveau de l’industrie, plusieurs activités se maintiennent sous 10 jours, comme le bois et les matériaux de construction à 8,8 jours.

Dans le service aux entreprises et le numérique, la sécurité atteint une moyenne de retard de paiement de 26,9 jours. Les activités de voyage font mieux mais atteignent tout de même 17 jours ; et 15,5 jours pour les services informatiques.

C’est beaucoup mieux du côté du transport de voyageurs qui passe de 20 à 14,4 jours.

Idem pour les débits de boissons et l’hébergement qui descendent à 11 jours.

Les secteurs de la coiffure, des soins de beauté et du bien-être ont aussi connu une nette amélioration, passant de 25 à 15,2 jours de retard.

Les activités de réparation figurent parmi les meilleurs élèves de l’économie française, avec 8,8 jours.

Le premier semestre 2026 est donc encourageant. Après la détérioration observée en 2024 et 2025, la France retrouve une trajectoire plus favorable et repasse sous la moyenne européenne des retards de paiement. Cette amélioration intervient également dans un contexte de transformation des processus financiers. Les préparatifs liés à la facturation électronique incitent notamment les organisations à moderniser leurs processus et à améliorer la qualité des données nécessaires au traitement des factures et des paiements.

Pour autant, la France reste à des niveaux supérieurs à ceux d’avant crise sanitaire (11 jours en 2018). De la même façon, le niveau des défaillances d’entreprises reste élevé (71 700 fin août 2026).

Les comportements de paiement sont un indicateur essentiel de la santé des entreprises. Leur suivi permet de détecter en amont des signes de dégradation afin de gérer le risque de tiers.

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Altares Dun & Bradstreet

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