Faillites d’entreprises dans le monde en 2025 : vers une accalmie ?

10 avril 2026

Après plusieurs années marquées par des chocs économiques majeurs (pandémie, inflation, hausse des taux d’intérêt), l’année 2025 marque un tournant dans l’évolution des faillites d’entreprises à l’échelle mondiale. Le dernier rapport de Dun & Bradstreet Bankruptcy Report met en lumière une dynamique contrastée : si la hausse des faillites ralentit nettement, elle ne disparaît pas pour autant. Un retour à la normale ? Ou plutôt une nouvelle phase, plus stable en apparence mais toujours fragile en profondeur ?

Une hausse des faillites qui ralentit

En 2025, le nombre de faillites dans les 45 pays étudiés atteint plus de 627 000, soit une augmentation d’environ 7 % sur un an. Ce chiffre reste élevé, mais marque un net ralentissement par rapport à 2024, où la progression avait dépassé 15 %.

Ce ralentissement s’explique en grande partie par une amélioration progressive du contexte macroéconomique. L’inflation a reculé, allégeant les coûts pour les entreprises. Parallèlement, plusieurs banques centrales ont commencé à assouplir leur politique monétaire, facilitant l’accès au crédit et réduisant la pression financière sur les entreprises les plus endettées.

Cependant, dans de nombreux pays, les niveaux de faillites demeurent supérieurs à ceux observés avant la pandémie. Le phénomène n’est donc pas simplement conjoncturel : il s’inscrit dans une transformation plus profonde de l’économie mondiale.

Des niveaux de faillites plus élevés qu’avant le Covid

Depuis la fin des aides publiques massives mises en place pendant la crise sanitaire, de nombreuses entreprises fragilisées artificiellement ont disparu.

Sur les cinq dernières années, les faillites ont augmenté en moyenne de 9 % par an. Dans plus de la moitié des économies analysées, elles dépassent désormais les niveaux d’avant Covid. Certaines entreprises, notamment les plus petites ou les moins productives, peinent à survivre dans un environnement devenu plus exigeant. Les grandes structures ont souvent réussi à absorber les chocs en réduisant leurs investissements ou leurs marges. À l’inverse, les PME, en particulier dans les secteurs dépendants du crédit, restent très vulnérables.

Des dynamiques très contrastées selon les régions

Si la tendance globale est à la stabilisation, les trajectoires régionales restent très divergentes.

En Europe occidentale, les faillites continuent d’augmenter, mais à un rythme plus modéré. Plusieurs pays, comme la France ou la Suisse, atteignent même des niveaux records. Cette situation reflète à la fois la fin des soutiens publics et des conditions de financement encore restrictives.

À l’inverse, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale enregistrent une baisse globale des faillites. Mais cette amélioration masque des disparités importantes : certains pays, comme la Turquie ou l’Ukraine, restent sous forte pression en raison de conditions financières difficiles ou de conflits.

L’Amérique latine se distingue par une forte dégradation. Les faillites ont augmenté de plus de 30 %, portées par le ralentissement économique, les taux d’intérêt élevés et l’instabilité politique.

2026 : vers une stabilisation incertaine

Pour 2026, les perspectives restent prudentes. La baisse des taux d’intérêt et la stabilisation de l’inflation devraient apporter un certain soutien aux entreprises. Mais plusieurs risques majeurs persistent : tensions géopolitiques, incertitudes commerciales, volatilité des marchés financiers.

Dans ce contexte, les faillites pourraient légèrement repartir à la hausse, sans toutefois atteindre les niveaux de crise observés précédemment. Le scénario le plus probable est celui d’une stabilisation fragile, marquée par une grande sensibilité aux chocs externes.

Plus qu’une simple phase de ralentissement, la situation actuelle reflète une transformation durable de l’économie mondiale.

Dans ce nouvel environnement, la résilience des entreprises repose de plus en plus sur leur capacité à s’adapter rapidement : gestion des risques, diversification des partenaires, maîtrise des coûts et anticipation des évolutions économiques.

Camille RENAUD

Camille RENAUD

Content Marketing Manager

Altares Dun & Bradstreet

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Expert de l’information sur les entreprises, Altares collecte, structure, analyse et enrichit les données BtoB afin de les rendre « intelligentes » et faciliter la prise de décision pour les directions générales et opérationnelles des entreprises. Le groupe propose son expertise sur toute la chaine de valeur de la data. Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations BtoB, Altares se positionne comme le partenaire de référence des grands comptes, ETI, PME et organisations publiques, en leur offrant un accès privilégié à ses bases de données sur 500 millions d’entreprises dans 220 pays.

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