La dernière étude publiée par Altares confirme une tendance qui s’installe depuis plusieurs trimestres : les défaillances d’entreprises restent à un niveau élevé en France. Et ce début 2026 ne fait pas exception.
Avec près de 19 000 procédures ouvertes en trois mois, le climat économique reste tendu, en particulier pour certaines catégories d’entreprises et plusieurs secteurs clés.
Un niveau de défaillances d’entreprises toujours élevé
Le premier trimestre 2026 se clôture sur des chiffres qui illustrent la persistance des difficultés économiques des entreprises françaises :
- 18 986 défaillances d’entreprises (+6,4 % sur un an) ;
- 71 100 défaillances sur 12 mois glissants ;
- 75 350 emplois menacés ;
- 5 767 redressements judiciaires (+13,6 %) ;
- 12 836 liquidations judiciaires directes (+3,6 %) ;
- 383 sauvegardes (+2,7 %), soit environ 2 % des procédures.
La hausse est largement tirée par l’augmentation des redressements judiciaires, qui reflète une aggravation des difficultés, mais aussi une volonté plus fréquente de tenter de sauver l’activité. Chaque jour ouvré, plus de 300 dirigeants se présentent au tribunal pour tenter de faire face à leurs difficultés.
PME, TPE : des dynamiques très contrastées
Toutes les entreprises ne sont pas touchées de la même manière. Les plus petites structures concentrent l’essentiel des défaillances :
- 14 311 microentreprises (moins de 3 salariés), soit 75 % des procédures (+11,2 %) ;
- plus de 7 sur 10 directement placées en liquidation.
Mais certaines catégories résistent mieux :
- TPE de 3 à 9 salariés : 3 272 défaillances (-6,7 %) ;
- PME de 10 à 19 salariés : 830 défaillances (-12,1 %).
À l’inverse, les PME plus grandes sont particulièrement exposées :
- PME de 20 à 99 salariés : 519 défaillances (+12,1 %).
Les entreprises de plus grande taille semblent, elles, mieux encaisser le choc :
- 54 défaillances pour les structures de 100 salariés et plus (en baisse) ;
- près de 90 % poursuivent leur activité via un redressement ou une sauvegarde.
Des secteurs sous pression, et quelques signaux positifs
La majorité des secteurs évolue avec des situations très contrastées.
Les secteurs en difficulté
Plusieurs activités montrent une dégradation nette comme les services aux entreprises (+11,7 %), avec une forte hausse dans la propreté (+41 %) ; les services aux particuliers (+17 %) ; le transport (+12,9 %), avec une explosion des défaillances chez les taxis (+61 %) ; l’agriculture (+23 %) ; et le commerce de détail (+3,7 %), en particulier dans l’habillement et le multi-rayons.
Les secteurs qui résistent ou se stabilisent
À l’inverse, quelques activités montrent des signes d’amélioration, comme la construction globalement stable (+1,7 %), portée par le gros œuvre (-9 %) ; les travaux publics en net recul (-20 %) ; l’industrie (+3,8 %) ; et la restauration quasi stable (-0,4 %), avec une légère amélioration pour la restauration à table.
Ces signaux restent fragiles mais indiquent que certains secteurs résistent mieux.
Des disparités régionales marquées par les défaillances d’entreprises
Les régions françaises présentent des écarts importants.
Des régions enregistrent un recul parfois important des défaillances, à l’image de la Corse (-25 %), de la Normandie (-13 %) et des Pays de la Loire (-9 %).
A contrario, d’autres régions sont en forte difficulté, telles la Bourgogne-Franche-Comté (+20 %), la Nouvelle-Aquitaine (+18 %) et le Centre-Val de Loire (+16 %).
L’Île-de-France reste proche de la moyenne nationale (+5,8 %), mais avec de fortes disparités internes, notamment à Paris et dans les Hauts-de-Seine.
Une situation encore fragile
Au-delà des chiffres, ce début d’année envoie un signal clair : la situation économique reste incertaine pour de nombreuses entreprises.
Le recours encore rare aux procédures préventives, la fragilité structurelle des TPE et les tensions sur la trésorerie – notamment liées aux retards de paiement – compliquent les perspectives de rebond.
Dans ce contexte, les dispositifs d’accompagnement et de prévention apparaissent plus que jamais essentiels. Mais leur efficacité dépendra aussi de la capacité des entreprises à anticiper dans un environnement qui laisse encore peu de visibilité.
Camille RENAUD
Content Marketing Manager


