Près de 70 000 entreprises ont connu une défaillance en 2025, dont plus de 19 000 sur le quatrième trimestre. Un niveau inédit, avec des PME et des ETI particulièrement impactées.
Pour autant, derrière ces records préoccupants, plusieurs indicateurs laissent entrevoir un possible ralentissement de la dynamique des défaillances en 2026.
C’est ce que révèle notre étude des défaillances d’entreprises du 4ème trimestre et de l’ensemble de l’année 2025.
70 000 défaillances en 2025 : un pic inédit, mais une hausse qui ralentit
Au 31 décembre 2025, 19 024 procédures collectives ont été ouvertes sur les trois derniers mois de l’année. Il s’agit d’un record pour un quatrième trimestre, avec près de 4 000 jugements supplémentaires par rapport à la moyenne des quinze dernières années.
Sur l’ensemble de l’année, le nombre total de défaillances atteint 69 957, soit une hausse de 3,1 %. Ce volume n’a jamais été observé auparavant.
Toutefois, le rythme de progression ralentit très nettement. La hausse enregistrée au quatrième trimestre 2025 (+1,7 %) est sans commune mesure avec celles observées sur les mêmes périodes en 2024 (+10 %), en 2023 (+38 %) ou encore fin 2022 (+48 %).
PME et ETI : une fragilité persistante
Les tensions restent particulièrement fortes pour les entreprises de taille significative. En 2025, 236 PME-ETI d’au moins 100 salariés ont fait l’objet d’une défaillance, soit une hausse annuelle de 18,6 %. Sur le seul quatrième trimestre, 58 entreprises de cette catégorie ont fait défaut, en progression de 18,4 %.
Cette situation pèse lourdement sur l’emploi. 267 000 salariés et dirigeants voient leur emploi menacé en 2025, dont 68 000 sur le dernier trimestre.
Un point positif mérite toutefois d’être souligné : 90 % de ces PME-ETI parviennent à éviter la liquidation, en bénéficiant d’une poursuite d’activité dans le cadre d’un redressement judiciaire (75 %) ou d’une procédure de sauvegarde (14 %).
Trois secteurs sont particulièrement surreprésentés parmi ces grandes défaillances :
- l’industrie manufacturière (21 % des défauts ;
- le secteur social (12 %) ;
- les services administratifs aux entreprises (19 %).
Entrepreneurs individuels : une dégradation brutale dans certains métiers
Les entreprises individuelles représentent moins de 15 % des défaillances, soit 9 600 procédures en 2025. Mais leur situation se dégrade fortement, avec une hausse annuelle de 25 %.
Le phénomène est particulièrement marqué dans le transport, où les défaillances progressent de 120 %, notamment chez les taxis (+137 %) et dans la livraison de colis ou de repas à domicile (+255 %).
Secteurs d’activité : des dynamiques très contrastées
Plusieurs secteurs montrent des signes de redressement, à commencer par la construction. Le secteur enregistre une baisse de 8,1 % des défaillances au 4ème trimestre, portée par le gros œuvre et les travaux publics. L’immobilier se redresse également, notamment dans la promotion immobilière.
Le commerce affiche une évolution proche de la moyenne nationale, avec un léger recul dans le commerce de détail (-0,7 %), notamment dans le bricolage et l’habillement.
À l’inverse, les tensions restent vives dans l’industrie manufacturière, les services aux entreprises, l’agriculture, la restauration et le secteur sanitaire et social. La viticulture, la mécanique industrielle, la restauration ou encore les activités de soins et d’action sociale figurent parmi les plus fragilisées.
Cinq régions basculent dans le vert au quatrième trimestre
Sur le plan géographique, plusieurs régions affichent une amélioration en fin d’année. La Normandie enregistre la meilleure performance du quatrième trimestre (-12,1 %), suivie des Hauts-de-France, de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, de l’Auvergne-Rhône-Alpes et du Grand Est.
À l’inverse, la situation reste très dégradée en Corse, en Pays de la Loire et dans les territoires d’outre-mer, où les hausses de défaillances demeurent très supérieures à la moyenne nationale.
Vers une accalmie prudente en 2026 ?
Pour Thierry Millon, directeur des études Altares, l’année 2025 s’est déroulée dans un contexte paradoxal, combinant inflation maîtrisée, croissance atone, tensions géopolitiques et finances publiques contraintes.
Si les comportements de paiement montrent une amélioration modeste en fin d’année et que la hausse des procédures collectives ralentit, de nombreux facteurs de fragilité subsistent : tensions logistiques, besoins en fonds de roulement, contraintes réglementaires, ou encore adaptation à la facturation électronique.
L’espoir d’une légère amélioration en 2026 existe, mais les entreprises devront se montrer prudentes, et en capacité d’adaptation pour traverser une conjoncture encore incertaine.
Pour connaître en détail les chiffres des défaillances, par région, par secteur, par taille et pas ancienneté d’entreprises, téléchargez gratuitement notre étude Défaillances des entreprises au 4ème trimestre et bilan 2025.


