Avec désormais plus de 14 jours de retards de paiement, la France se place audessus de la moyenne observée en Europe. Un allongement qui s’inscrit dans un contexte de dégradation générale observée partout en Europe, avec toujours de fortes disparités territoriales et sectorielles.
« Paiement des factures : on est encore loin d’une culture de la ponctualité !
Entre instabilité politique, tensions sociales, guerre commerciale et croissance modérée, les acteurs publics et privés naviguent à vue en cette rentrée de septembre 2025.
Dans ce contexte toujours délicat, sécuriser sa trésorerie est une priorité. Le crédit-fournisseur, en d’autres termes le délai de règlement, est alors bien souvent un levier privilégié.
Dans ces conditions, les retards de paiement s’allongent rapidement et particulièrement en France. En un an, les retards moyens s’allongent d’une journée, soit la plus forte dégradation en Europe. Ces reports de règlement sont évidemment très préjudiciables pour les fournisseurs et sous-traitants.
En cumul, ils sont évalués à 15 milliards d’euros par la Banque de France : autant dire qu’ils sont un frein au développement, à l’investissement et à l’emploi. Mais ces factures en souffrance sont aussi, pour de nombreuses TPE et PME, une source de fragilisation profonde, d’usure psychologique face aux relances épuisantes dans un rapport de force parfois bien déséquilibré.
La généralisation de la facturation électronique pourrait améliorer la situation… pour les bons payeurs. Et pour les autres, les voix s’élèvent pour demander un relèvement du plafond des sanctions.
M. Bayrou, alors Premier ministre, avait validé une proposition du gouverneur de la Banque de France faite lors des Assises des délais de paiement et des financements, proposant d’aller jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires, à l’image du Groceries Code Adjudicator (GCA) britannique. »