Table ronde AFDCC-ALTARES – 22 septembre 2022 de 11h à 13h30 à Vitrolles

L’AFDCC et la FIGEC, avec le soutien des CCI des Pays de la Loire, ont organisé le 8 juillet dernier un rendez-vous régional dédié aux Pays de la Loire autour des comportements de paiement, avec pour invité Mathieu Finas, Data Scientist Altares. Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement, a introduit la séance en rappelant les missions de sa structure. L’Observatoire des délais de paiement réunit des fédérations professionnelles et des directions des administrations sociales centrales (direction des fraudes), avec le concours de la centrale des bilans de la Banque de France.

Les missions de l’Observatoire des délais de paiement

Plusieurs types de données y sont traitées : les données « solides, « dures, basées sur les données exhaustives de la centrale des bilans de la Banque de France, et les balances âgées fournies par Altares. Les données de la centrale des bilans permettent une vision complète des évolutions des retards de paiement avec un décalage : les informations datent de 2019. Quant aux données Altares, elles datent de 2020.

Des retards de paiement qui se sont améliorés depuis le début de la crise

Jeanne-Marie Prost a évoqué le rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement qui présente aussi des enquêtes de perception (réalisées auprès d’un échantillon de quelques entreprises et fédérations), et les données de la commande publique de la Fédération Générale de la Finance Publique. Ce rapport met en évidence les retards de paiement 2020 : 11 jours de retard de paiement en moyenne, un chiffre qui place la France au 3ème rang en Europe derrière l’Allemagne et la Hollande. Avec la crise de la Covid-19, les retards se sont rapidement aggravés avec 15,3 jours en août, avant une amélioration en fin d’année 2020, pour atteindre 13 jours de retard de paiement : un dérapage de 2 jours par rapport à la moyenne 2019. Par ailleurs, tous les pays européens ont connu une dégradation de leur situation, sans amélioration de celle-ci, sauf la France. Ces chiffres sont une moyenne, la réalité est très nuancée en fonction des secteurs d’activité, dont certains sont beaucoup plus touchés que d’autres : l’hébergement et la restauration enregistraient + 5 jours, le commerce + 2,5, et les transports + 2 jours. En parallèle, l’industrie souffrait seulement d’une hausse des retards de paiement de +1,5 jour. En outre, la performance de l’Etat et des collectivités locales était et reste très bonne avec une amélioration des délais de paiement vs 2019 de 2 jours pour l’Etat, et 1,5 jour pour les collectivités locales, ce qui représente un vrai soutien aux entreprises, et en termes de paiement. Cette situation exceptionnelle faisait suite à une très bonne performance en 2019, qui pour la première fois depuis des années enregistrait une baisse des délais de paiement, certainement due en partie à la digitalisation grandissante des moyens de paiement. Cependant il faut rester en alerte : les entreprises ne se comportent pas toutes aussi bien, en particulier les grandes entreprises, dont 1 sur 2 paie avec du retard (vs 1 sur 3 pour les PME), malgré les sanctions et le name & shame.

Panorama des délais de paiement en Pays de la Loire

Mathieu Finas Les entreprises des Pays de la Loire paient mieux leurs fournisseurs : 11,7 jours de retard à mai 2021 contre 12,5 jours pour la moyenne nationale. La région résiste bien depuis le début de la crise, elle n’a pas enregistré de dégradation des délais de paiement, surtout l’industrie et l’agroalimentaire, premiers créateurs d’emplois dans cette zone. Une performance d’autant plus louable que le milieu de l’année 2020 a connu une reprise économique particulièrement forte, avec une inflation importante, créant des augmentations de créances clients et donc des tensions de trésorerie, souvent répercutées sur les paiements. Le pire est-il derrière nous ? Prudence, car la fréquence des retards et les fournisseurs payés à plus de 30 jours de retard sont en augmentation. Deux explications à cela :
  • une reprise inégale,
  • la hausse du prix des matières premières engendrant des tensions de trésorerie.
Les indicateurs Altares aident à se prémunir de cela.

Conclusion : la vigilance reste de mise

Charles Battista, Directeur Altares, a mis en évidence les principaux points de vigilance pour l’année 2021 :
  • l’augmentation des prix fournisseurs,
  • les contraintes de remboursement du PGE qui peuvent mettre des entreprises en difficulté,
  • la fragilité des plus petites entreprises.
Les maîtres mots pour une reprise réussie sont : vigilance, mobilisation, dynamique, solidarité et responsabilité.

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