Deloitte publie en collaboration avec Altares la 14ème édition de l’étude annuelle consacrée à « L’entreprise en difficulté ».

2018 a poursuivi la tendance baissière observée depuis 2016 permettant de retrouver des volumes de défaillances au plus bas depuis plus de dix ans. Un peu moins de 55 000 (-1%) ouvertures de procédures collectives (Sauvegardes, Redressements Judiciaires, Liquidations judiciaires) ont été enregistrées, ramenant le nombre d’emplois menacés par ces défaillances sous le nombre de 166 000 (-3%).

Le même signal est donné par le CNAJMJ (Conseil National des Administrateurs Judiciaires et Mandataires Judiciaires) au niveau des procédures amiables (Mandats Ad Hoc, Conciliations) avec moins de 3 600 procédures (-2%) au niveau national concernant moins de 86 000 emplois (-16%).

Dans le même temps, les chefs d’entreprise Français sont restés optimistes et la création d’entreprises a battu des records (691 000, + 17 %) portée par les micro-entrepreneurs (+ 28 %) mais aussi les entrepreneurs individuels classiques (+ 20 %). 2018 présente donc un bilan positif.

Evolution des défaillances et des emplois menacés sur la période 2008-2018

Ces résultats encourageants sur l’ensemble de l’année masquent, toutefois, une trajectoire beaucoup moins favorable amorcée en fin de 1er semestre 2018. Depuis juin, les tendances s’inversent sur le front de la sinistralité des entreprises. La situation se durcit, en particulier, pour les entreprises de plus de 20 salariés. Certes le mouvement des « gilets jaunes » a eu très vite, en fin d’année, des effets négatifs sur les structures les plus fragiles, en particulier dans le commerce de détail. Néanmoins, les aides ou subventions, voire les moratoires, ont permis aux plus petites entreprises de tenir… pour le moment. Le retournement observé avant ce mouvement est de nature plus structurel, conjoncturel voire parfois organisationnel.

2019 et 2020 seront deux années à fort enjeux pour les entreprises françaises ; pour les petites pouvant être rattrapées par les effets du mouvement des gilets jaunes mais aussi pour les plus grandes pouvant être confrontées au financement d’une dette devenue parfois trop lourde. Dans un contexte de ralentissement de la croissance, d’incertitudes sur le plan géopolitique et d’une concurrence nouvelle et féroce, les entreprises doivent se transformer, notamment en terme de digitalisation.

2018 a été bon mais pourrait bien également avoir marqué la fin d’un cycle !

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