Dans le cadre du partenariat Altares – Mag2Lyon, le mensuel d’information lyonnais a publié en juin dernier un dossier sur les effets du Covid-19 sur l’économie régionale, avec une chute spectaculaire du chiffre d’affaires de nombreuses entreprises de la région. Pourtant, les chefs d’entreprises sont moins pessimistes qu’attendu : en effet, les mesures gouvernementales (chômage partiel, PGE, report de la date de cessation de paiement) ont permis de maintenir bon nombre d’entreprises à flots, qui en ont profité pour mobiliser leurs équipes et rebondir. Découvrons ensemble les tendances des principaux secteurs d’activité.

Alimentaire : maintien de l’emploi

(par Clotilde Brunet)

Agroalimentaire

Les emplois du secteur agroalimentaire ont été bien préservés en Auvergne-Rhône-Alpes : on observe un maintien de main-d’œuvre dans cette industrie dont les activités nécessitent de la manutention, de la transformation et des savoir-faire. Cependant, la crise du Covid-19 n’a pas épargné ce secteur qui accuse une baisse de 16% depuis mars 2020 (c’est moins que la baisse de 22% du reste de la France). Certains sous-secteurs ont été plus impactés, comme le lait sous appellation ou les entreprises qui produisent pour les restaurants et les cantines. Les modes de consommation ont évolué, avec un plébiscite des circuits courts. Ce secteur se caractérise par une prédominance des TPE qui représentent 77% des entreprises.

Agriculture

Les drives fermiers ont bien fonctionné durant le confinement, ce mode de commercialisation demande donc à être pérennisé. L’année 2019 avait été marquée par des problèmes climatiques (gels au printemps, grêle, sécheresse…), le secteur était donc déjà fragilisé avant la crise de Covid-19. La viticulture a été particulièrement impactée, du fait de la fermeture des restaurants : le chiffre d’affaires du secteur a été divisé par 10.

BTP : -18% d’activité en 2020 ?

(par Maud Guillot)

L’avenir du BTP régional lyonnais s’avère très incertain. La crise du Covid-19 a durablement impacté ce secteur qui s’était bien redressé en 2018 et 2019. Les entreprises espèrent un plan d’aide de l’État pour relancer les chantiers. La fin 2019 enregistrait une hausse de 1% pour atteindre un chiffre d’affaires de 18 milliards d’euros. Mais la baisse de la rentabilité des entreprises (due à la hausse des coûts des matériaux et de la main-d’œuvre) et le faible dynamisme du marché régional ont ouvert la voie aux dégâts plus conséquents de la crise : la baisse de chiffre d’affaires est estimée à 18% sur 2020, avec une prévision de -1000 emplois sur l’année. Début juillet, 95% des chantiers ont repris mais 22% d’entre eux au ralenti. Le PGE a amorti la chute, mais viendra le moment où il faudra payer les charges, sans compter la mise en conformité nécessitée par le Covid-19, qui a entraîné des surcoûts (achats de masques, de gel hydroalcoolique, impossibilité de réunir plusieurs corps de métiers sur un même chantier…).

Le président de la région a par ailleurs annoncé un plan de relance, par l’accompagnement de projets d’équipements structurants et d’infrastructures routières et ferroviaires. La Région souhaite aussi mettre en place un « bonus relance » pour stimuler la commande publique des collectivités locales : rénovation d’écoles, d’équipements sportifs…

Commerce : des gagnants et des perdants

(par Maud Guillot)

La crise sanitaire du Covid-19 a eu un impact considérable sur le commerce, notamment de gros et de détail spécialisés, fermés pendant toute la période de confinement. A l’inverse, la grande distribution alimentaire a bien tiré son épingle du jeu. Pour exemple, Casino enregistre une hausse de chiffre d’affaires de 24% sur avril, soit durant le confinement. Les enseignes ont fait face à un afflux de nouveaux clients, et à la progression des livraisons à domicile. Le constat est le même pour Carrefour, bien implanté dans les centres urbains avec ses enseignes de proximité. La grande distribution devrait donc cette année enregistrer des bénéfices records, même avec les surcoûts entraînés par les contraintes sanitaires. Cependant, cette période de confinement a enregistré une réduction de la consommation des français. Si les petits commerces alimentaires indépendants et les grandes surfaces s’en sortent bien, les commerces de détail spécialisés ont dû fermer pendant 2 mois et se retrouvent désormais en grande difficulté alors qu’ils étaient déjà affaiblis par le mouvement des Gilets Jaunes. 1/3 des commerces de centre-ville pourrait se retrouver en manque de trésorerie d’ici 2021. Selon l’Observatoire de la CCI Lyon Métropole, les secteurs pourraient enregistrer une baisse de chiffre d’affaires entre 20 et 50%. Mais le grand gagnant de la crise, c’est le e-commerce, en particulier : le matériel informatique, les articles de sport, les fournitures de bureau, le divertissement et les jouets. Logique en ces temps de chômage partiel, de télétravail et de fermeture des écoles.

Transport : un élan post-confinement

(par Lionel Favrot)

L’automobile et l’aéronautique font partie des secteurs les plus touchés par la crise économique du Covid-19. Pourtant, les professionnels de ces secteurs se veulent optimistes car l’activité a rapidement repris dans l’automobile, et les sous-traitants de l’aéronautique interviennent souvent sur d’autres secteurs où ils peuvent se déployer.

Automobile

Le secteur de l’automobile a été l’un des plus touchés par la crise du Covid-19. Puis, en juin, les garages ont dû rattraper plusieurs semaines de livraison, entraînant une forte hausse de la fréquentation des concessions. Même effet de rattrapage au niveau de l’entretien, de nombreuses visites ayant été décalées. Mais il y a plus qu’un effet de rattrapage : le confinement a provoqué l’envie de changer de voiture chez les particuliers. Autre phénomène qui se confirme : l’attrait pour les voitures « vertes », qui s’explique en partie par les aides gouvernementales accentuées au déconfinement, mais pas uniquement, cette tendance étant déjà marquée en 2019.

Aéronautique

Avec le Covid-19, le secteur a connu un choc terrible avec l’arrêt quasi-complet des vols. Même après le déconfinement, les chiffres d’affaires étaient encore en recul de 40 à 70%. Les dispositifs gouvernementaux, notamment le chômage partiel ont permis d’assurer le court terme. Mais il reste tout un travail à faire pour assurer le moyen et le long terme. Il faut noter qu’un certain nombre d’entreprises régionales travaillant pour l’aéronautique interviennent aussi dans d’autres filières où elles peuvent heureusement se redéployer.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite du dossier avec un focus sur les domaines de l’énergie, des biens d’équipement et de consommation, et des hôpitaux privés.

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