Dans le cadre du partenariat Altares – Mag2Lyon, le mensuel d’information lyonnais a publié en juin dernier un dossier sur les effets du Covid-19 sur l’économie régionale. Découvrez la suite de notre premier article, avec un focus sur les secteurs de l’énergie, des biens d’équipement et de consommation, et les hôpitaux privés.

Énergie : consommation stabilisée

(par Lionel Favrot)

La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région française productrice d’énergie puisqu’elle assure 22% du total national. Elle abrite 14 réacteurs nucléaires et est aussi la première région française en termes d’énergie renouvelable.

La consommation d’énergie a évidemment baissé avec le confinement, avec dès la première semaine un recul de 20%, puis dès la semaine suivante, une baisse équivalente à la consommation habituelle des métropoles de Lyon et Grenoble réunies. La consommation de certains secteurs en particulier s’est écroulée : -50% pour l’automobile, -75% pour la sidérurgie, et -90% pour les transports ferroviaires. Mais au global pour l’industrie, ce recul a été moins fort qu’au niveau national : -13% contre -24% en France. Un recul qui s’est fortement résorbé dès juin (-5%). La raison de cette résilience ? L’importante présence dans la région d’un secteur chimie et parachimie, qui a quasi maintenu son activité.

Cette période du confinement a permis de révéler un intérêt pour les énergies renouvelables : très automatisées, elles fonctionnent avec peu de main-d’œuvre. Tournant grâce à des ressources naturelles comme le soleil et le vent, elles ne nécessitent pas non plus d’approvisionnement régulier en combustibles, et couvrent 42% de la consommation de la région. La crise provoquée par le Covid-19 ne devrait pas remettre en cause ce développement des énergies renouvelables, où la région est en première ligne.

Biens d’équipement : un secteur dans le dur

(par Stéphane Damian-Tissot)

Avec des enseignes fermées pendant trois mois, les biens d’équipement ont été lourdement impactés par le Covid-19 et l’année 2020 s’annonce très tendue. Si ce secteur a déjà vu son activité baisser considérablement, l’addition pourrait être encore plus salée si les commandes ne repartent pas rapidement. Le secteur tournerait à 50% de ses possibilités, que ce soit en termes de chiffre d’affaires ou de commandes. Les sociétés travaillant avec l’automobile, l’aéronautique ou encore la parfumerie sont les plus en difficultés car ces sous-secteurs sont touchés de plein fouet par la crise. Pourtant, l’aéronautique était l’un des marchés les plus porteurs avant la crise. « Face à un choc comme celui-ci, que personne ne pouvait prévoir, des entreprises se trouvent en très mauvaise posture. On s’attend à beaucoup de dépôts de bilan dans l’industrie en général. » commente Florent Monier, président de la FIM (Fédération des Industries Mécaniques) Auvergne Rhône-Alpes.

Biens de consommation : jouets, meubles, sport

(par Stéphane Damian-Tissot)

Selon l’INSEE, la consommation des ménages a, durant le confinement, baissé de 32%. Et si la reprise se fait sentir depuis la fin du confinement, certains retards seront difficiles à rattraper.

Le secteur du jouet espère limiter la casse

Fin mai, le marché français du jouet retrouvait un peu le sourire. Trois semaines après la réouverture des magasins, le secteur annonçait avoir rattrapé 44% de ses pertes de chiffre d’affaires causées par le Covid-19, mais à fin mai, il manquait toujours un quart du chiffre habituel.

L’ameublement résiste

Le premier trimestre 2020 a été très bon, après un chiffre d’affaires en hausse de 1,6% en 2019. De bons résultats nationaux portés notamment par la région AURA qui compte 17% des effectifs du secteur. Mais dès mi-mars, le domaine a été lourdement impacté avec une activité à seulement 30% de sa capacité. La perte d’activité annuelle pourrait s’élever à 20%.

Les articles de sport sévèrement touchés

Selon l’enquête de la Fédération de l’industrie européennes des articles de sport publiée en avril, les résultats du secteur étaient alarmants avec 45% des entreprises déclarant une perte de chiffre d’affaires entre 50 et 90%. Un énorme coup de frein pour ce secteur qui, en France, voyait la consommation d’articles de sport croître de manière continue depuis 2009. Mi-juin, le leader mondial du ski Salomon n’avait retrouvé que 20% de son activité normale.

Services aux particuliers : hôpital privé

(par Clotilde Brunet)

Le palmarès des services aux particuliers comprend des secteurs très variés : club de sport, enseignement supérieur, mais surtout l’hospitalisation privée. Mobilisés pendant la crise du Covid-19, les médecins du privé ont finalement été peu sollicités et le redémarrage est lent.

L’ensemble des activités de l’hospitalisation privée a été stoppée par la crise sanitaire, sauf les urgences, la cardiologie et la cancérologie. Les opérations programmées en cancérologie ont par exemple eu lieu mais tout le travail de diagnostic a été stoppé net.

Depuis le déconfinement, la reprise d’activité est progressive. De plus, les hôpitaux et cliniques privés ont fait face à différents problèmes d’approvisionnement : les produits anesthésiques ont été réquisitionnés par l’État pour faire face à cette crise sanitaire.