Plus que jamais, les entreprises ont besoin de visibilité sur le pilotage de leur risque de tiers pour assurer la pérennité de leurs activités. Seule une approche intégrée de la gestion du risque de tiers combinant expertises, données et technologies permettra d’assurer la fiabilité d’un dispositif de gestion du risque tiers.

Les équipes Risk d’Ernest Young Consulting (Christophe Lairy, Associé EY Consulting & Risk Leader et Francis Miard, Associé EY Consulting), en collaboration avec Altares (Caroline Chochoy, Risk Product Marketing Manager, Altares-D&B et Marion Rostamkolaeï, Presales Manager, Altares-D&B), ont animé mardi 22 septembre dernier un webinar intitulé « Comment maintenir la confiance par une gestion efficace des tiers en période d’incertitudes accrues ? ».

Christophe Lairy

Christophe Lairy, Associé EY Consulting & Risk Leader

Francis Miard

Francis Miard, Associé EY Consulting

Marion Rostamkolaei

Marion Rostamkolaeï, Presales Manager, Altares-D&B

Caroline Chochoy

Caroline Chochoy, Risk Product Marketing Manager, Altares-D&B

Gestion des risques liés aux tiers

Christophe Lairy, Associé EY Consulting & Risk Leader

La confiance est au cœur des préoccupations des entreprises depuis longtemps et encore plus aujourd’hui avec le Covid-19 qui a bouleversé beaucoup de choses au travail (télétravail notamment).

Quelques chiffres issus de l’enquête TPRM 2019-2020

  • 36% des organisations ont été impactées par une faille de données durant les 2 dernières années
  • 47% des organisations répondant à l’enquête ont été impactées par un souci avec des tiers durant les 2 dernières années
  • 85% des organisations maintiendront ou augmenteront leurs dépenses pour les processus de gestion des risques des tiers

Les questions clés

  • Votre organisation a-t-elle l’infrastructure adéquate et la capacité à gérer et mitiger efficacement les risques liés aux tiers ?
  • Les rôles et responsabilités de la gestion des risques tiers sont-ils clairement définis ?
  • Disposez-vous d’une vue globale en temps réel de votre inventaire de tiers et des risques associés ?
  • Votre organisation est-elle en mesure de différentier les tiers selon leur niveau de risque et de déterminer si des actions supplémentaires sont requises ?

Quelques risques associés aux tiers

  • cyberattaque et risque de confidentialité,
  • risque juridique et réglementaire,
  • risque réputationnel,
  • risque opérationnel,
  • risque financier,
  • risque de continuité d’activité.

Gestion des risques de tiers

La gestion des risques liés aux tiers a pour objectif d’identifier, évaluer et gérer les risques associés aux tiers et contacts.

Le respect des contrats pendant le confinement a posé une question de responsabilité du client ou du fournisseur. Peut-on garantir la continuité d’activité dans des situations de crise telles que celle du Covid-19 ?

Les 8 étapes de la transformation de votre approche de gestion des risques liés aux tiers

  • inventaire des tiers : identifier, catégoriser et évaluer vos tiers afin de gérer votre portefeuille tiers,
  • cartographie des risques de tiers : adopter un modèle de risques adapté à la culture de votre organisation, ainsi qu’à votre appétence aux risques,
  • méthodologie d’évaluation des tiers : définir une approche standard d’évaluation des tiers,
  • identification des zones de faiblesse et remédiation : au regard de la cartographie des risques, définir les plans de remédiation adaptés aux zones de faiblesse mis en exergue,
  • monitoring : suivre l’évolution des risques majeurs liés aux tiers, notamment au regard des plans de remédiation définis,
  • audit de contrat : garantir le respect des termes contractuels durant la vue des contrats avec les tiers,
  • revenue assurance : identifier les éventuelles sources de perte de valeur dans la relation contractuelle avec les tiers,
  • digitalisation : mettre à profit la technologie pour automatiser les processus, analyser les données, synthétiser les métriques, améliorer la prise de décision, et évaluer l’efficacité de la fonction de TPRM.

Les avantages d’une gestion des tiers active

  • réduction et maîtrise des risques : identification des risques, élaboration et mise en œuvre de stratégies appropriées, et mise en place d’une surveillance continue,
  • gouvernance des risques émergents liés aux tiers : identification et gestion proactive des indicateurs de risques émergents et des exigences réglementaires,
  • amélioration de l’efficacité : élimine les pratiques de gestion des risques redondants et ou disjoints réduisant ainsi le coût de la gestion de risque et améliorant son fonctionnement,
  • vision prospective des risques au service de la performance : une gouvernance des risques tournée vers l’anticipation pour influencer les décisions stratégiques plutôt que d’en gérer les conséquences.

Maintenir l’équilibre dans un contexte instable

Marion Rostamkolaeï, Presales Manager, Altares-D&B

Les effets mesurables de la crise sur les entreprises

Le premier élément de mesure des effets de la crise sur les entreprises est la chute vertigineuse du PIB de la France, qui est passé de -5,9 au premier trimestre 2020, à -13,8 % au deuxième trimestre 2020.

3 raisons majeures à cela :

  • chute de la consommation des ménages,
  • chute des investissements,
  • recul du commerce extérieur.

Certains secteurs ont pâti particulièrement du confinement : commerce, transports, hébergement et BTP.

Vous pourrez retrouver les chiffres détaillés dans l’étude Altares-D&B sur les défaillances et sauvegarde d’entreprises au 3ème trimestre, attendue pour mi-octobre.

Pour l’heure, nous savons qu’une baisse très importante des défaillances a été constatée au 2ème trimestre, des chiffres qui ne reflètent pas la situation réelle des entreprises françaises, cependant soutenues par les aides gouvernementales qui ont maintenu les trésoreries à flots et mis en stand-by bon nombre de défaillances (sans oublier l’activité judiciaire fortement réduite). On peut s’attendre à une hausse des défaillances au 4ème trimestre (octobre), compte tenu de la période juridiquement protégée ayant pris fin août (le 24) : les entreprises disposent de 45 jours pour déclarer leurs difficultés au tribunal, donc jusqu’en octobre. Cependant, la situation pourrait ne pas être si catastrophique qu’attendu, notamment en raison de nouvelles mesures gouvernementales prises en septembre pour limiter les défaillances d’entreprises.

Hausse des retards de paiement suite au déconfinement, explosion en juillet (de 12 à 15 jours)

Maîtriser son poste clients et fournisseurs pour éviter les défaillances

Le nombre de jours de liquidités des entreprises dépend de la taille des entreprises : en moyenne 45 jours, moins de 10 pour les TPE, et jusqu’à plus de 2 mois pour grandes entreprises.

On peut noter 2 temps forts pour les entreprises cette année :

  • le confinement, qui a entrainé des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, une chute de la consommation, l’impossibilité de produire, une demande internationale stoppée… des événements qui pèsent lourdement sur la trésorerie des entreprises,
  • le déconfinement, avec une reprise activité, la reconstitution des stocks, et l’arrêt des mesures gouvernementales.

Les entreprises qui se trouvaient déjà en mauvaise santé avant mars 2020 et les TPE sont désormais particulièrement en souffrance, mais il ne faut pas non plus sous-estimer la souffrance des grandes entreprises, en particulier dans l’habillement, le transport et l’automobile, une situation inquiétante pour l’économie globale du pays.

Quelles pistes pour diminuer son risque ?

  • connaissance clients et fournisseurs : via la data,
  • deux indicateurs prépondérants, robustes et durables : le score de solvabilité (prévision des défaillances à 12 mois) et le comportement de paiement / Paydex pour anticiper le risque d’impayés (utilisé dans le calcul de notre score).

Altares a-t-il fait évoluer son score ?

Le score est basé sur des données historiques et actuelles, de ce fait nous avons mis en place des évolutions du score prenant en compte l’impact de la crise de Covid-19 sur l’économie (index Covid-19).

De nouveaux indicateurs sont également pris en compte pour élargir nos analyses : structure de l’entreprise, pays (https:www.dnb.com.hk/Country-Insight-Report), secteur d’activité, ratio de liquidités. Ces données prennent tout leur sens quand elles sont combinées avec vos données.

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la suite de ce webinar riche en informations précieuses pour la gestion de votre risque. Caroline Chochoy prendra la parole sur la prise de décisions basée sur la data, et Francis Miard nous parlera du maintien de la confiance par une gestion efficace des paramètres.