Cette année, la situation sanitaire l’exigeant, les Assises des Délais de Paiement sont digitalisées et présentées sous forme de plusieurs webinars. Le webinar du 23 septembre portait sur le thème « Trésorerie maîtrisée et délais de paiement respectés, les deux bases de la reprise économique ».

Jérôme Mandrillon, délégué général des Assises des Délais de Paiement, animait ce webinar au cours duquel sont intervenus Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises, Thierry Millon, Directeur des études Altares, Laurent Playez, Directeur BtoB France American Express et Eric Turbot, Directeur général délégué au commerce BNP Paribas.

Face à la crise provoquée par la Covid-19, la priorité des pouvoirs publics (après la protection sanitaire) est de relancer l’économie. Ce webinar s’est penché plus particulièrement sur la problématique des délais de paiement et la trésorerie.

Le rôle du médiateur des entreprises pendant la crise Covid-19

Pierre Pelouzet

Créé en 2010, le Médiateur des entreprises est un service public, gratuit et confidentiel, dont la mission est d’aider à résoudre les problèmes (retards de paiement, ruptures de contrats…) entre entreprises ou entreprises et acteurs publics, en restaurant le dialogue entre les parties prenantes, privilégiant la conciliation aux rapports de force.

Le Médiateur est saisi majoritairement par de petites structures appartenant à l’ensemble des secteurs de l’économie. Dans 3 médiations sur 4, les deux parties trouvent une solution, formalisée par un protocole d’accord.

Le médiateur en temps de crise

L’activité du Médiateur des entreprises a été multipliée par 10 au plus fort de la crise, avec plus de 6000 sollicitations et demandes de médiation sur le 1er semestre 2020 (très forte augmentation entre le 15 mars et le 15 juin). Post confinement, le nombre de saisines reste encore très supérieur aux chiffres pré-confinement, avec 50% de ces sollicitations concernant les retards de paiement (vs 25-30% avant), mais aussi un nombre important de ruptures brutales de contrats (surtout événementiel et voyage).

Quelques chiffres clés

Thierry Millon

Les entreprises résistent, les défaillances sont au plus depuis 30 ans.

Ces chiffres sont la conséquence des dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour aider les entreprises.

En dépit de tous ces dispositifs, les défaillances d’entreprises de plus de 50 salariés sont en hausse par rapport à 2017.

Quant aux retards de paiement, ils ont augmenté de plus de 2 jours après mars 2020, contre un seuil sous les 11 jours au 1er trimestre 2018. Cependant la situation demeure meilleure que prévue, grâce notamment au Médiateur des entreprises qui a pu améliorer la situation qui se dessinait au début du confinement (beaucoup de retards de paiement, de ruptures de contrats, etc).

BNP Paribas Factor, leader de l’affacturage en France

Eric Turbot

BNP Paribas Factor, c’est :

  • 53 milliards d’euros de factures achetées en 2019,
  • 3 services (a minima) pour toutes les entreprises : le financement des factures, la garantie des impayés, et la relance et le recouvrement.

L’activité en période de crise (2ème trimestre 2020) a baissé de 23%, dans un marché habituellement fortement dynamique. 40 000 entreprises sont aujourd’hui équipées de contrats d’affacturage.

American Express, acteur du paiement

Laurent Playez

Présent dans 200 pays, American express intervient sur l’ensemble des acteurs du processus de paiement et développe des solutions de paiement sur-mesure pour les entreprises.

Enjeux des entreprises en cette période de relance économique

Trésorerie et PGE

Eric Turbot

2 priorités pour les entreprises : la trésorerie et l’augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR). 65 000 entreprises ont été accompagnées par un PGE chez BNP Paribas, permettant de parer au plus urgent durant la crise : payer leurs échéances, les salaires, en priorité.

Désormais, en cette période de reprise, les entreprises doivent financer leur BFR avec la reprise de l’activité : il faut relancer la production et les achats de matériel.

On constate un décalage de trésorerie entre les achats nécessaires et le paiement des factures.

Une solution ? L’affacturage pour financer le BFR (particulièrement pour les entreprises BtoB), en cédant ses factures pour obtenir un apport de trésorerie de 60 jours en moyenne.

Solutions pour répondre aux besoins actuels des entreprises

Affacturage et financement du bon de commande

  • Affacturage: solution moderne, souple et agile pour financer les factures et commandes, avec une garantie contre le risque d’insolvabilité et des experts qui se chargent de la relance et du recouvrement.
  • Financement du bon de commande : une nouveauté, une solution brève (jusqu’au 31 décembre) soutenue par le plan de relance de l’Etat, qui entre dans l’enveloppe du PGE de 300 milliards d’euros : une entreprise établit une commande pour un client, et cède la commande pour la financer, ainsi l’apport de trésorerie est d’une centaine de jours (45 jours sur le bon de commande + 60 jours sur la facture) (lancé en septembre et jusqu’au 31 décembre).

Bénéfices pour les entreprises

  • Solution de paiement adaptée aux entreprises,
  • règlement des fournisseurs stratégiques,
  • impact trésorerie jusqu’à 58 jours,
  • sécurisation du règlement des fournisseurs,
  • paiements internationaux multi-monnaies.

= relation interentreprise optimisée avec les fournisseurs.

Le coût de l’affacturage est largement compensé par ses bénéfices.

L’affacturage n’est pas qu’une solution pour les entreprises en difficultés, c’est aussi une solution de financement est très utile pour accompagner la croissance.