Depuis le début de la crise de la Covid-19, les entreprises subissent de lourds impacts : perte de chiffre d’affaires, rupture de la chaine d’approvisionnement, retards de paiement, augmentation du Besoin en Fond de Roulement…

C’est autour de ce sujet de la gestion de la trésorerie que se sont réunis le 13 novembre l’institut Anaxagore, BNP Paribas Factor et Altares pour partager leur vue de la situation, leur analyse et leurs conseils notamment en financement, pour aider les entreprises à passer le cap mais aussi à perdurer malgré la force de la crise.

Les grands enjeux du plan de relance

Dans ce contexte de crise sanitaire sans précédent, la France a mis en place un plan de relance opérationnel pour soutenir les PME et les ETI qui sont les plus impactées par la crise. L’embellie de cet été laisse place – avec ce second confinement – à la crainte d’une rechute sévère dans les prochains mois, qui risquent d’être douloureux pour les particuliers mais aussi pour les entreprises.

L’économie française a su rebondir au 3ème trimestre de cette année, mais le 4ème trimestre s’annonce particulièrement rude, loin de la reprise en V espérée (chute brutale puis reprise rapide). Le scenario qui risque plutôt de s’opérer est celui du W, avec une reprise beaucoup plus lente à l’horizon 2021. Les économistes situent d’ailleurs cette reprise entre + 5 et +6 %, avec un effondrement entre – 9 et – 11%.

Par ailleurs, tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière : certains se sont adaptés, à l’instar du BTP qui a maintenu 95% de son activité, ou de l’industrie avec ses 90% de continuité. D’autres a contrario ont vu leur niveau d’activité chuter sévèrement, à l’image des services et pire, de l’hôtellerie, la restauration, les loisirs et la culture qui ont été mis à l’arrêt quasi total. Ces mêmes analystes estiment le délai de reprise d’activité à un niveau normal pas avant fin 2021, voire 2022…

Les mesures mises en place par le gouvernement pour accompagner les entreprises françaises

Le 3 septembre, le Gouvernement français a lancé un plan de relance de 100 milliards d’euros pour redresser durablement l’économie et créer de nouveaux emplois (un plan en grande partie financé par l’Union Européenne). Par ailleurs, les remboursements du PGE – qui a profité à plus de 100 000 entreprises tricolores – peuvent désormais s’étendre à 5 ans.

En sus de ce plan, des prêts participatifs pour les entreprises, distribués par les banques, devraient voir le jour durant l’année 2021.

Analyse des délais de paiement en cette période de crise

Le pire a-t-il été évité ?

Thierry Millon, Directeur des Études Altares, répond par la positive, mais nuance le propos.

35 000 défaillances ont été enregistrées depuis le début de cette année, une chiffre inédit depuis 1988, atteint grâce à la force des dispositifs publics permettant aux entreprises de ne pas sombrer. Sans ces dispositifs, les défaillances seraient très probablement au nombre de 70 000. Mais toutes les entreprises ont été fragilisées, quels que soient leur taille et leur secteur, entrainant un fort effet de solidarité interentreprises.

Cependant les TPE ont trop attendu (sous l’effet des aides) pour se présenter au tribunal afin de lancer un plan de sauvegarde : pré Covid, 4 PME sur 10 étaient placées en liquidation immédiate, post Covid c’est plus d’1 sur 2…

Les retards de paiement se sont également dégradés de 2 jours à partir de juin, impactant les trésoreries, en particulier celles de petites structures. 10 000 sociétés disposent aujourd’hui de moins d’1 mois de trésorerie leur permettant de faire face à de nouvelles urgences.

En juillet, les retards de paiement ont explosé, atteignant plus de 15 jours, un chiffre qui s’est amélioré en août (- 1 jour), pour atteindre 13,5 jours en septembre. Mais le nouveau confinement du pays a stoppé cette progression, constituant un frein au retour aux 12 jours de retards habituels.

Des solutions de financement innovantes et peu connues pour financer son BFR

Les factors sont au carrefour de l’activité des entreprises en finançant l’économie réelle (achat des factures d’entreprises = injection de trésorerie). En 2019, ce ne sont pas moins de 350 milliards d’euros de factures qui ont été achetés par les factors français. En 2020, crise oblige, ces chiffres sont en baisse : – 23,4% de factures achetées au 2ème trimestre, et encore – 5 % au 3ème.

L’affacturage

L’affacturage est la 1ère source de financement court terme en France, permettant aux entreprises œuvrant en BtoB de disposer dans la journée du règlement de leurs factures sans en attendre l’échéance. L’affacturage s’accompagne toujours d’une garantie contre l’insolvabilité client (assurance-crédit), qui assure aussi la relance et le recouvrement des créances.

L’affacturage est une solution qui complète les offres proposées par les banques et est accessibles pour les TPE au travers d’offres packagées, ou pour les PME, ETI et grands groupes au travers de solutions sur mesure.

Le financement du bon de commande

Le financement du bon de commande est un dispositif complémentaire à l’affacturage, qui consiste à céder son bon de commande lors de son émission et de le faire financer par le factor. L’Etat a souhaité renforcer le financement du poste clients via l’affacturage pour soutenir la reprise des entreprises françaises en proposant une garantie, dispositif prévu initialement jusqu’au 31 décembre mais qui pourrait être reconduit jusqu’au 30 juin 2021.

L’affacturage inversé

L’affacturage inversé est un contrat passé entre un grand donneur d’ordre ou organisme public et BNP Paribas Factor, puis entre BNP Paribas Factor et les fournisseurs de ce grand donneur d’ordre. Ce contrat permet aux fournisseurs d’obtenir le financement immédiat de leurs factures dès la validation du bon à payer.

  • Avantages pour les fournisseurs : conditions privilégiées, financement dans la journée, n’obère pas la capacité de crédit des fournisseurs.
  • Avantage pour les donneurs d’ordre : sécurisation de la supply chain, soutien aux fournisseurs, respect de la loi LME (loi de modernisation de l’économie), s’inscrit dans la politique RSE des grands donneurs d’ordre.

Ce dispositif est d’ailleurs inclus dans la loi PACTE.

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