Table ronde AFDCC-ALTARES – 22 septembre 2022 de 11h à 13h30 à Vitrolles

32 184 défaillances d’entreprises en France en 2020

Les défaillances au plus bas depuis 30 ans.

L’avenir de milliers d’entreprises et d’emplois suspendu aux annonces gouvernementales.

Altares dévoile ce jour son étude trimestrielle portant sur les chiffres des défaillances et sauvegardes d’entreprises en France au 4ème trimestre, et sur l’ensemble de l’année 2020. En baisse de près de 40 % par rapport à 2019, le nombre de défaillances est au plus bas depuis 30 ans : un paradoxe au regard de la force de la crise économique et sanitaire. Des signaux d’alarmes émergent cependant avec la proportion inquiétante de liquidations judiciaires directes, la baisse des procédures de sauvegardes et le nombre d’emplois menacés qui reste élevé en dépit de la baisse globale du nombre d’entreprises en faillite. Thierry Millon, directeur des études Altares : « 2020 restera gravée dans les annales comme l’une des plus graves crises sanitaires et économiques que le monde ait connu, faisant plonger le PIB de notre pays de 9 % en quelques mois. Et pourtant, « seulement » 32 184 entreprises (-38,1 %) ont sollicité et obtenu l’accompagnement du tribunal de commerce ou judiciaire cette année. Des chiffres d’un autre temps puisqu’il faut remonter à 1987 pour retrouver de tels niveaux. 32 184 défaillances, c’est 20 000 procédures de moins qu’en 2019. 20 000 entreprises qui auraient « échappé » au dépôt de bilan et pourraient finalement être rattrapées en 2021 pour rejoindre les rangs de milliers d’entreprises qui sortent exsangues de cette année noire. Ces chiffres ne doivent pas faire oublier les plus de 130 000 emplois menacés après les dépôts de bilan de grands noms de l’habillement qui n’ont pas survécu à la crise. L’enjeu 2021 sera de réveiller progressivement l’économie de sorte à permettre aux entreprises viables de se développer et aux tribunaux de proposer aux entreprises fragilisées voire terrassées par la Covid-19 la meilleure solution de sortie ou de rebond. »  

Près de 3 jugements sur 4 sont des liquidations directes

Les mesures de soutien aux entreprises en trésorerie et le gel de la date de cessation de paiement ont favorisé le non-recours au redressement judiciaire. Cette procédure a reculé de près de 50% (8 030). La situation des liquidations judiciaires est plus complexe. En 2020, les assignations de créanciers, qui sont traditionnellement à l’origine de 30 % des liquidations, ont disparu. Gelées jusqu’à l’été du fait des aménagements règlementaires, les assignations n’ont pas repris en fin d’année. Les créanciers publics et privés ayant été incités à faire appel à des règlements à l’amiable. Dans ces conditions, les liquidations judiciaires sont en retrait de 34 % (23 321). La baisse plus rapide des redressements conduit à ce que les liquidations directes approchent en 2020 trois jugements sur quatre contre deux sur trois traditionnellement. Le nombre de procédures de sauvegarde recule de 14 % avec 833 jugements. Ce dispositif préventif représente moins de 3 % de l’ensemble des procédures, malgré la possibilité offerte aux entreprises d’y recourir exceptionnellement jusqu’au 23 août, dès lors qu’elles n’étaient pas en cessation de paiement à la date du 12 mars.

Télécharger l’étude défaillances d’entreprises T4 2020


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