Début juillet, nous vous présentions notre ÉtudeDéfaillances et sauvegardes d’entreprises portant sur le deuxième trimestre 2019, réalisée par Thierry MILLON (Directeur des études Altares).

L’étude évoquait notamment le mouvement des « gilets jaunes », initié six mois après le début de l’augmentation des défaillances d’entreprises en 2018, et s’interrogeait sur la pérennité de cette tendance pour 2019, dans un contexte économique difficile.

La question se posait alors : les « gilets jaunes » ont-ils eu un impact sur les défaillances d’entreprises françaises ?

La presse print, numérique et radio est largement revenue sur l’Étude – Défaillances et sauvegardes d’entreprises T2 2019, et ses conclusions concernant les « gilets jaunes« .

« C’était la grande crainte de l’automne dernier : que les nombreux week-ends de blocages organisés sur les ronds-points par les gilets jaunes finissent en une hécatombe d’entreprises mettant la clé sous la porte ». (Le Figaro édition du 11 juillet, n° 23298).

« Si les effets de ces mouvements ont pu être sévères dans certaines zones et pour certaines entreprises, leur impact global apparaît (..) sans conteste plus faible que son retentissement politique et médiatique ». (dépêche AFP du 10 juillet, d’après l’Insee)

Le journal La Croix se dit surpris d’apprendre que le mouvement « n’a pas entraîné de défaillances en série […] alors que beaucoup ces derniers mois avaient mis en garde contre un effet à retardement des manifestations […] avec le risque de voir les faillites se multiplier. ».

En effet, comme le souligne notre Étude – Défaillances et sauvegardes d’entreprises T2 2019 reprise par le site Boursorama, le nombre de défaillances d’entreprises en France s’est réduit de 3,1% au deuxième trimestre 2019, l’effet du mouvement social a donc été moindre que ce qui était redouté.

RTL revient aussi sur les « gilets jaunes » et précise que « la catastrophe annoncée n’a donc pas eu lieu » (voir à 4:38mn).

« Les PME ont mieux résisté que prévu à la crise ». Mais « quelles sont les sociétés qui ont, malgré tout, été placées en procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation au deuxième trimestre ? Des TPE à 94%, mais également des structures plus grosses, d’au moins 100 salariés. ». (Le Monde)

« Les entreprises de plus grande taille, grosses PME ou ETI dérapent fortement […] Il y a des centres-villes où l’impact sur le chiffre d’affaires des commerces a été significatif. ». « Pour mieux anticiper les difficultés de ces entreprises, la DGE doit généraliser à la rentrée un dispositif dit « signaux faibles » ». (Les Echos)

En effet, des entreprises ont subi de plein fouet certaines violences, comme nous pouvons le constater dans cette vidéo du 19/20 national de France 3 :

Étude – Défaillances et sauvegardes d’entreprises T2 2019 - visualisez le JT du 11/07/19Certains commerces publics ont en effet été victimes de manifestations violentes menant à des dégâts matériels et des fermetures de plusieurs semaines. Fort heureusement, la plupart ont pu s’en sortir grâce à l’aide des assurances qui ont pris en charge la totalité des réparations, mais aussi grâce aux aides exceptionnelles de l’État français, dont ont pu bénéficier les entreprises touchées, au travers de délais de paiement auprès de l’URSSAF, voire d’annulation de créances.

« En France, les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi basses depuis le second trimestre 2008 ». « Ces chiffres apparaissent comme un soulagement après la crise des gilets jaunes ». « Le dispositif d’aides mis en place par les pouvoirs publics […] semble avoir permis aux petits entrepreneurs de tenir. » (Usine Nouvelle)

Certains commerçants nuancent toutefois les bienfaits de ces aides, arguant leur insuffisance face à la nécessité d’assurer le versement des salaires des employés et des loyers en temps et en heure.

Le délai des aides exceptionnelles de l’État s’étendait jusqu’au mois de juin 2019, la situation va-t-elle se dégrader pour les entreprises françaises (en particulier les PME et les petits commerces) qui ont pu garder la tête hors de l’eau grâce à ces aides ?

« La suite de l’année devrait être moins brillante pour une raison purement mécanique. De très nombreuses créations d’entreprises ont été enregistrées fin 2017. Or statistiquement, beaucoup d’entre elles ne survivent pas plus que quelques années […] C’est pourquoi Altares table sur quelques 53 000 défaillances en 2019. » (Le Figaro)

A suivre lors de la prochaine Étude – Défaillances et sauvegardes d’entreprises pour le 3ème trimestre 2019.

 

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