Intelligence Artificielle et Big Data dans la lutte contre le coronavirus ? Nous avions déjà abordé ce sujet dans un précédent article, concernant l’algorithme de la société Blue-Dot qui avait été le premier à détecter l’épidémie de Covid-19. Outre la détection, ces technologies pourraient aussi aider à contenir la propagation de l’épidémie.

Des données de santé disponibles pour suivre les cas de contamination

Tout au long de la chaîne de soins (hôpitaux, praticiens, Assurance Maladie), les documents et données de santé sont collectés et peuvent donc être exploités dans un intérêt de santé publique. Par ailleurs, la loi de modernisation du système de santé de 2016 a créé le Système National des Données de Santé, une avancée de taille dans l’analyse et l’amélioration de la santé publique. Ces données sont accessibles à toute personne ou structure publique ou privée sur autorisation de la CNIL, dans une démarche de réalisation d’étude, de recherche ou d’évaluation d’intérêt public.

La Chine, épicentre de l’épidémie, se tourne vers le Big Data pour endiguer ce fléau. Un récent communiqué de la National Health Commission chinoise recommande l’utilisation du Big Data pour détecter, suivre les cas de contamination, et prévoir la propagation de l’épidémie. Pour ce faire, les autorités sont appelées à partager les données médicales et celles relatives aux transports (trains et avions en particulier).

Taïwan, un exemple dans la lutte contre la propagation du coronavirus

Taïwan, situé à seulement quelques dizaines de kilomètres de la Chine, est un état particulièrement exposé au Covid-19. Malgré cela, le nombre de cas de personnes infectées reste très limité. Comment expliquer ce phénomène ? Entre autres par le recours à l’analyse de données issues du Big Data et au suivi de l’historique de voyage des personnes en circulation sur le territoire. Depuis l’épidémie de SRAS de 2003, l’île a mis en place un solide plan de prévention des pandémies, basé notamment sur les nouvelles technologies, l’IA et le Big Data.

Les autorités taïwanaises ont réagi très rapidement dès le début de l’épidémie de Covid-19 en Chine. En corrélant la base de données de l’assurance maladie à celle de l’immigration, des alertes peuvent être générées, basées par exemple sur les antécédents de voyage : les voyageurs arrivant ou en partance de Taïwan doivent remplir un formulaire de déclaration de santé en ligne, accessible via un QR Code. Les informations collectées sont alors consultables par les hôpitaux, cliniques et pharmacies nationales.

Des applications pour suivre les personnes en quarantaine

En Chine et en Corée du Sud, une application mobile obligatoire pour les personnes placées en quarantaine permet de les localiser en permanence grâce à un traceur GPS. Une pratique qui pose la question de la protection des données. Les personnes concernées ont l’obligation, chaque jour, de déclarer des symptômes renseignés dans l’application (fièvre, toux, difficultés respiratoires…). Ces informations permettent d’indiquer aux personnes la conduite à suivre : rester à domicile, ou passer un test de dépistage du coronavirus. Le GPS permet de vérifier que la période d’isolement est bien respectée, dans le cas contraire, une alerte est transmise aux autorités sanitaires qui peuvent en informer les forces de l’ordre.

Ce système a ses limites, le portable pouvant être volontairement “oublié” au domicile dans le but de ne pas être localisé à l’extérieur. En Chine, cependant, les personnes concernées ne peuvent pas faire leurs courses si elles ne disposent pas de leur téléphone avec elles, pour prouver qu’elles peuvent se déplacer librement (Quid de la possession d’un second téléphone ? Un système qui a décidément ses limites). Les défenseurs des libertés craignent quant à eux que ce suivi ne reste en place après la fin de l’épidémie.