Après le choc de la crise sanitaire qui a confiné la moitié de la population mondiale, un choc économique s’est installé et a figé les économies de nombreux pays, avant de permettre un redémarrage très progressif des business. En France, le déconfinement s’accélère et le redémarrage tente de faire place à une reprise attendue mais redoutée avec de fortes incertitudes.

Dans ce contexte Altares vous accompagne dans une démarche actualisée du poste clients pour réussir votre reprise. C’était le sujet de notre webinar du 25 juin dernier, animé par Thierry Millon, Directeur des études Altares, Marion Rostamkolaeï, Ingénieure Avant-Vente Finance et Compliance, Caroline Chochoy, Chef de produit “Risques”, Nicolas Pintart, Directeur Marketing Produit et Stratégie, et Gilles Lambert, Responsable des Partenariats “Comportements de Paiement”. Nos experts vous accompagnent en vous apportant des informations sur quelques réflexes à adopter pour aborder la reprise au mieux.

Contexte économique et analyse des défaillances d’entreprises sur la période Covid-19

Sur le premier trimestre de l’année 2020, le PIB français a fortement chuté : -5,3%, il s’agit du pire PIB observé depuis la révolte étudiante de mai 1968.

Face à cela, les entreprises qui ne pouvaient espérer aucune rentrée d’argent durant le confinement ont donc fait en sorte de ne laisser sortir aucune liquidité, entrainant un nombre important d’impayés et d’incidents de paiement.

Rapidement, des mesures ont été prises par les pouvoirs publics telles que :

  • l’activité partielle, avec de nombreuses fermetures administratives (notamment dans le commerce et la construction), représentant 1 million d’entreprises et plus de 13 000 salariés,
  • la mise en place du PGE, avec une enveloppe de 300 milliards d’euros pour 2020, dont 100 milliards ont déjà été utilisés (90% des 500 000 structures ayant bénéficié du PGE sont des TPE).

Si la vague de défaillances d’entreprises n’a pas (encore) eu lieu, c’est principalement grâce à l’adaptation de la législation. Le point de départ de l’épisode Covid-19 a été officiellement établi au 12 mars : si une entreprise n’était pas en défaut de paiement à cette date, elle est considérée comme ne l’étant pas jusqu’au 23 août. Ainsi, de janvier à fin mai 2019, on enregistrait un peu moins de 24000 défaillances, tandis que sur la même période en 2020, on enregistre moins de 14000 défaillances (recul de 72% du recueil des procédures collectives). 10 000 entreprises ont été épargnées pour le moment, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elles sont sauvées.

Le rythme des procédures se renforce depuis le déconfinement mais reste encore en retrait par rapport à une situation normale.

Selon une enquête Rexecode :

  • 16% d’entreprises estiment avoir des difficultés ardues de liquidité (c’est 2 fois moins qu’en mai),
  • 1 tiers des structures interrogées considèrent que les conditions de crédit se sont durcies,
  • plus de la moitié des interrogés ont augmenté leur part de cash dans leurs actifs, par mesure de précaution, ce qui représente de l’argent non investi et ne servant pas l’amélioration des comportements de paiement,
  • 8% disent avoir annulé leurs investissements.

Selon la Banque de France, la croissance du PIB pourrait ainsi varier entre -7% et -16% en 2020, avec un nombre de défaillances attendu au second trimestre qui passe de 25 000 à 35 000, et un premier trimestre 2021 qui s’annonce lui aussi très lourd.

La data au service de votre poste clients

Marion Rostamkolaeï

Un besoin de liquidités renforcé

La liquidité de l’entreprise est sa capacité à faire face à court termes à ses dettes (fiscales, loyer, salaires…). C’est une notion clé pour les créanciers mais aussi les banques qui accordent des prêts.  On parle généralement de trésorerie pour évoquer ces liquidités, et de flux de trésorerie pour évoquer les mouvements de ces liquidités (entrées d’argent et encaissements). Les problèmes de trésorerie surviennent lorsque les décaissements (sorties d’argent) sont supérieurs aux encaissements, comme c’est le cas aujourd’hui avec la crise de Covid-19.

La solvabilité est quant à elle une vision à long terme, c’est la capacité à assurer son avenir sans se trouver en défaut de paiement.

Il y a un paradoxe entre ces deux notions : l’entreprise peut être solvable à long terme mais se retrouver à courts termes dans l’impossibilité de faire face à ses dettes et être en cessation de paiement.

Aujourd’hui, de nombreuses trésoreries d’entreprises se maintiennent grâce aux aides gouvernementales relatifs à la crise de Covid-19.

Pourquoi ces dégradations de trésorerie ? Quelles perspectives d’évolution ?

Un grand nombre d’entreprises ont dû fermer ou réduire drastiquement leur ouverture dès la mise en place du confinement en France. Nombre de salariés ont dû stopper leur activité, des chaînes d’approvisionnement ont été rompues, des biens n’ont pas pu circuler normalement, menant à une offre dégradée ou diminuée.

En parallèle, de nombreuses dépenses de consommation ont été annulées ou reportées par les ménages ou les entreprises du fait de l’impossibilité de consommer due aux entreprises fermées ou aux ruptures de stock. Cette crise a aussi entraîné une baisse de confiance des ménages, de revenus et de la volonté de procéder à certains achats non essentiels.

Avec le déconfinement qui a débuté le 11 mai, les entreprises se concentrent désormais sur leur reprise d’activité. A court et moyen terme, elles vont devoir rembourser leurs dettes, sans avoir pu rétablir une trésorerie suffisante.

Par ailleurs, une situation contradictoire s’est mise en place : le besoin de négocier des délais de paiement fournisseurs, et celui de raccourcir au maximum les délais de paiement de ses clients, ce qui produit une dichotomie entre acheteur et vendeur. Ces comportements contraires s’expliquent par un principe de précaution, qui consiste à accumuler de la trésorerie par peur de l’avenir (valable aussi pour les ménages).

Impacts du Covid-19 sur l’économie des entreprises

On compte en France 3 millions de TPE et de PME, soit 99,9% du total des entreprises. Avec une économie qui repose sur des marchés internationaux (en particulier les grands entreprises), toutes les entreprises se retrouvent impactées par la crise du Covid-19, qui a entrainé trois problèmes majeurs pour les entreprises : approvisionnement, baisse de la demande, et retards de paiement.

En France, une entreprise dispose en moyenne de 45 jours de trésorerie d’avance, avec une forte variation entre les secteurs et la taille des entreprises (parfois moins d’un mois pour les plus petites, plus de 4 mois pour les plus grandes). Les TPE et PME opèrent surtout dans certains secteurs, qui sont aussi les plus touchés par cette crise : industrie manufacturière, commerce de détail, hébergement, transports, restauration, construction et services aux entreprises.

Les financements des banques sont souvent plus accessibles à partir d’une certaine taille d’entreprise. Les grandes entreprises ont aussi un pouvoir plus important sur leurs fournisseurs, et peuvent plus facilement imposer des délais de paiement plus longs. Cependant, de grandes entreprises sont en défaillance avec cette crise. Plus que la taille de l’entreprise, sa solidité financière est prépondérante.

Les nouveaux critères de risque d’entreprise

Certains critères ont pris une place plus importante dans le contexte du Covid-19 :

  • structure de l’entreprise : une petite entreprise est-elle rattachée à un plus gros groupe ?
  • pays : la crise est mondiale mais son impact varie en fonction des pays (voir la cartographie des risques liés aux impacts du Covid-19 par pays),
  • secteur d’activité : les secteurs sont inégalement touchés, avec un impact beaucoup plus important pour certains (commerce, tourisme, construction, loisirs…),
  • ratio de liquidité : une réserve de liquidité insuffisante est associée à un risque accru de défaillances d’entreprises au cours des 12 prochains mois.

Ces données prennent encore plus de sens combinées à vos données (financières et qualitatives sur vos tiers).

Nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour découvrir comment la data et ses outils peuvent vous aider à prendre de bonnes décisions pour votre entreprise.

Retrouvez l’intégralité du webinar dans son replay (jusqu’à 31 mn pour cette première partie de synthèse).