Qu’en est-il des faillites en cette année exceptionnelle ? Les entreprises paient-elles encore à l’heure ? Que nous réserve 2021 ? Plusieurs experts ont répondu à ces questions lors du webinar organisé le 15 décembre par l’AFDCC et la Figec dans le cadre des 7èmes Assises des délais de paiement.

Dans son rapport sur les enjeux de 2021 remis le 14 décembre au Premier Ministre, le Conseil d’Analyse Economique a mis en évidence la nécessité de « laisser mourir les entreprises non viables et de sauver les entreprises saines sans Covid, quitte à restructurer leur dette ».

Garder le cap malgré la Covid-19

Thierry Millon, Directeur des études Altares

Les défaillances d’entreprises en période de Covid-19

Les entreprises ont déjoué les pronostics en cette fin d’année 2020 : la large vague de défaillances attendue à partir de septembre n’a pas eu lieu, au contraire : la France enregistre son plus bas niveau de défaillances depuis 30 ans : 33 000 à fin novembre 2020, vs 20 000 de plus à la même période de 2019.

D’ici fin décembre, nous devrions compter encore 2000 défaillances supplémentaires, portant le chiffre global de l’année à 35 000 défaillances, bien loin des 53 000 de 2019 et des deux pics de 1993 et 2013 (plus de 64 000 défaillances suite à la crise de 2008). Au-delà d’entreprises qui n’ont pas défailli, ce sont aussi des milliers d’emplois préservés (20 000) : pour chaque entreprise qui tombe, c’est en moyenne 4 emplois supprimés. Mais ces entreprises maintenues à flots en 2020 menacent de tomber en 2021 ou 2022…

La France a dénombré 45% de faillites en moins chaque mois de 2020 grâce aux aides d’État à hauteur de plus de 400 milliards d’euros, et à l’adaptation des textes permettant de protéger les entreprises en difficulté (notamment le report de la date des cessations de paiement de mars à fin août). On aurait pu s’attendre à une vague de défaillances dès le 24 août, pourtant, les chiffres n’ont rien montré de tel… Que faut-il donc observer pour anticiper ?

Il faut rester attentif à ce qui est visible, outre les défaillances :

  • les procédures officielles et sauvegardes : augmentation sensible depuis août (de 36 en août à 97 en novembre) – ces entreprises ont la possibilité d’anticiper leur défaut en se présentant au tribunal pour solliciter, par exemple, une procédure de sauvegarde,
  • la conciliation ou le mandat ad hoc : les conciliations sont très souvent accordées aux entreprises de très grande taille générant beaucoup d’emplois et de sous-traitance.

Bon nombre d’entreprises survivant grâce aux aides d’État se retrouvent surendettées, et 2021 enregistrera probablement plus de 60 000 défaillances.

Les délais de paiement en période de Covid-19

Le plafonnement des délais de paiement est fixé à 60 jours pour le marché privé par les articles L441-10 et suivants du Code de commerce. La mise en place de ces obligations a largement amélioré la situation des délais de paiement en France. Cependant, une hausse massive des retards de paiement a-t-elle eu lieu durant la crise de Covid-19 ?

Non. Le dérapage reste modéré, avec des délais de paiement globalement tenus à l’entrée en confinement en mars-avril 2020, puis une augmentation de 3 jours des retards de paiement en septembre 2020.

Un Comité de crise sur les délais de paiement a d’ailleurs été rapidement mis en place en collaboration avec l’Observatoire des délais de paiement pour encadrer la situation et éviter les abus. A mi-novembre, les retards de paiement s’élevaient à moins de 13 jours.

Les grandes entreprises : mauvais payeurs ?

Les grands acteurs sont souvent pointés comme le plus fréquemment en retard de paiement, mais cela n’a pas été particulièrement vrai pendant la période Covid-19. En effet, toutes les entreprises toutes tailles confondues ont enregistré des pics de retards de paiement cet été 2020 : 15 jours pour les TPE et PME, 17 jours pour les ETI, les retards les plus élevés concernant les entreprises de la restauration, de l’hôtellerie et du transport.

Le retard de paiement par classe de risque

Le calcul du score de défaillance Altares conduit à anticiper le risque de défaillance d’une entreprise à 12 mois. Pour 2020, on constate :

  • les entreprises qui présentaient il y a 1 an un risque élevé de défaillance à 12 mois sont toujours debout mais avec difficultés (et grâce aux aides gouvernementales) et une augmentation des retards de paiement de 10 jours,
  • les entreprises à risque modéré enregistrent un retard de paiement de + 3 jours,
  • les entreprises à risque faible sont toujours en capacité de tenir leurs engagements avec seulement + 1 jour de retard de paiement.

On constate par ailleurs que les factures aux montants les plus élevés sont les mieux honorées…

Le cas des « entreprises zombies »

10% des entreprises de notre économie seraient des “entreprises zombies” (définies par l’OCDE comme « des entreprises qui auraient fait faillite si les taux d’intérêt étaient normaux »). L’idée habituellement admise que l’on ne peut sauver toutes les entreprises a été bousculée cette année par l’urgence de la crise Covid-19. Ainsi, des entreprises zombies (qui embauchent et investissent peu) ont été sauvées grâce aux aides de l’État, alors qu’elles auraient fait faillite même sans la crise. Le problème principal engendré par cela est le suivant : leur survie se fait au détriment du rebond de l’économie et d’autres entreprises viables (en les privant de certaines aides accordées aux entreprises zombies).

Un outil de recouvrement nouvelle génération : Eloficash

Alain Leonhard, CEO Covline

L’amélioration du règlement des factures passera notamment par la mise en place de la facturation électronique et d’outils de recouvrement innovants.

A ce titre, Covline propose sa plateforme de recouvrement des créances de nouvelle génération : Sage Eloficash, qui permet le pilotage des créances, la gestion des litiges et l’anticipation des risques clients en symbiose avec les logiciels de gestion intégrés aux entreprises. L’observatoire de paiements Sage est alimenté à la fois par les données du marché fournies par Altares, et par les données de paiement internes des clients de la solution, qui sont agrégées pour former la Smart Data. Sage Eloficash utilise des algorithmes statistiques pour comprendre les habitudes de comportement de paiement client par client pour faire des prévisions de paiement et d’impayés, et donc de trésorerie.

Sage s’intègre dans un système de gestion déjà existant en entreprise avec des connecteurs capables de récupérer des informations de toutes parts et de toutes natures concernant le client. Le moteur trie les informations utiles par type de profil d’utilisateur.

Les bénéfices de Sage Eloficash

  • écoute d’événements,
  • alertes,
  • agenda,
  • to do list,
  • + des conseils de consultants métiers.

Cette solution est également disponible sur smartphones et tablettes pour pouvoir gérer son poste client partout.

2021, l’année des doutes et de la défiance

On sait à la fois beaucoup et peu de choses sur l’environnement des entreprises. De quels maux souffrent-elles ? Il faut bien connaître la nature de leurs dysfonctionnements pour pouvoir agir de manière adéquate : c’est ce que Sage Eloficash fait en identifiant les signaux faibles.

Le rôle de l’outil de demain :

  • faire le tri des informations (smart data),
  • dicter les actions à mener,
  • détecter les signaux faibles,
  • bloquer les clients à risques.

L’intervention humaine reste importante car l’Intelligence Artificielle n’a pas d’intelligence relationnelle, ni créative. La solution et les équipes œuvrent donc de concert pour apporter la donnée mais aussi et surtout, les conseils pour faire face à la situation.

Voir le replay de ce webinar :